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Livres recommandés par Augustin Trapenard

Vaudou Angélica Liddell

« Au lieu de démembrer des enfants, j'écris », telle est la phrase qu'Angélica Liddell utilise pour présenter son nouveau texte. Une véritable déclaration d'intention qui exprime parfaitement la vision terrible du monde que cette artiste a eu au cours de sa carrière.

Vaudou est une pièce qui raconte l'histoire d'un pacte avec le diable. L'astéroïde 3318 Blixen a été découvert le 23 avril 1985 à l'observatoire de Brorfelde au Danemark. Il a été nommé ainsi en hommage à la baronne Karen Blixen, plus connue sous son pseudonyme d'écrivain Isak Dinesen. Karen Blixen a promis son âme au diable et en retour le diable lui a promis que tout ce qu'elle vivrait et expérimenterait à partir de ce moment-là deviendrait une histoire. Dans cette pièce, Angélica Liddell explore le pouvoir de la vengeance et des rituels à travers une poésie tragique : un itinéraire fatal vers ses propres funérailles…

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : La parole aux femmes - La grande librairie

Gouverneurs de la rosée Jacques Roumain

Une fille drôle, compère, se dit-il, secouant la tête ; un moment elle te sourit d’amitié et puis dans le temps d’un battement d’yeux, elle te quitte sans même un au revoir. Ainsi commence l’histoire d’un amour, tendre, simple, sublime, entre la belle et farouche Annaïse et Manuel, fils prodigue de Bienaimé et de Délira, de retour en Haïti après quinze ans d’absence.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : La parole aux femmes - La grande librairie

Jusqu'à ce que les pierres deviennent plus douces que l'eau Antonio Lobo Antunes

Un jeune sous-lieutenant, après avoir servi en Angola pendant vingt-sept mois, rentre au pays où il ramène un tout jeune orphelin. Il va élever cet enfant noir, qui a survécu à la destruction de son village et au massacre des siens par l'armée portugaise, comme son propre fils. Plus de quarante ans plus tard, le vétéran et sa femme font le trajet depuis Lisbonne pour rejoindre la vieille maison de famille, dans un village reculé, quasi abandonné, quelque part au pied des montagnes. Dans trois jours, conformément à la tradition, on tuera le cochon. Comme chaque année, leur fille, leur fils adoptif, son épouse les rejoignent pour l'occasion. Or ce jour-là, l'animal ne sera pas le seul à se vider de son sang.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : La parole aux femmes - La grande librairie

Bleu d'août Deborah Levy

Au sommet de sa carrière, Elsa M. Anderson perd ses moyens et quitte la Salle dorée de Vienne en plein récital du Concerto n°2 de Rachmaninov. Une fuite en avant qui prend rapidement la forme d'une quête d'identité. À Athènes d'abord, dans un marché aux puces, où la jeune pianiste observe une inconnue affublée d'escarpins en peau de serpent en train d'acheter une paire de petits chevaux mécaniques. Elsa ne peut alors s'empêcher de convoiter les mêmes objets, comme s'ils détenaient la clé d'un secret bien enfoui en elle. D'Athènes à Londres puis à Paris, au fil des réapparitions soudaines de ce mystérieux double en talons hauts qui semble la poursuivre, Bleu d'août dresse le portrait éblouissant et virtuose, tout en mélancolie et métamorphose, d'une femme empêchée de jouer sa partition tant qu'elle ne se confronte pas à son passé.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : La parole aux femmes - La grande librairie

Respect Anouk Grinberg

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : La parole aux femmes - La grande librairie

Vivre avec les hommes Manon Garcia

Je suis philosophe, je m'intéresse aux rapports entre les femmes et les hommes : après un premier livre sur la soumission des femmes aux hommes, j'ai écrit un ouvrage sur le consentement et les injustices de genre dans la sexualité hétérosexuelle. Je suis aussi une femme de bientôt quarante ans, qui voudrait pouvoir exister dans le monde sans s'inquiéter sans cesse des violences sexistes et sexuelles dont mes amies, mes filles ou moi pourrions être victimes. J'ai vu les changements apportés par le mouvement #MeToo, je vois le backlash masculiniste qui s'efforce de renvoyer les femmes à leur position de deuxième sexe. Lorsque je découvre les crimes commis sur Gisèle Pelicot, je sais que se condensent dans cette histoire toutes les questions philosophiques qui sont les miennes. J'hésite à aller au procès de Mazan. Puis je me rends à l'évidence : il me faut écrire ce procès et l'expérience que j'en fais, comme philosophe et comme femme. Et tenter de répondre à cette question qui me hante : peut-on vivre avec les hommes ?

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : La parole aux femmes - La grande librairie

Immortels Camille Kouchner

« Grandir à deux donne confiance. On partage tout, sans craindre le manque. Quand l’un défaille, l’autre prend le relais. Quand le second se perd, le premier l’aide à se retrouver. Dans ce lit d’hôpital, seule désormais, j’en fais le décompte. À deux, fille et garçon, j’étais au complet. »

Camille Kouchner est docteure en droit, maîtresse de conférences à l’Université. Elle est l’autrice de La Familia grande, publié aux Éditions du Seuil en 2021. Immortels est son premier roman.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : La parole aux femmes - La grande librairie

Le bon Denis Marie Ndiaye

Elle entendait la voix égale et limpide du garçon, ni lion ni souffle n'en altérait la placide assurance. Il semblait, lui, aussi, ce Denis, pareil aux petites feuilles du lilas, se consumer sans brûler. Il s'écarta brusquement, tournant le dos au père, puis il prit la main de la fille dans un geste d'une telle tendresse qu'elle s'en trouva presque déconcertée. Ils revinrent vers l'hôtel, leurs pas unis, sans un coup d'oeil derrière eux. Il ne veut pas nous reconnaître, il ne veut pas de nous le pauvre homme, nous sommes libres ! chuchota le garçon avec joie. Il sembla à la fille qu'une joie de même nature exactement la grisait en toute lucidité. Libres, enfin libres ! répétait Denis en riant.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : La parole aux femmes - La grande librairie

Beloved Toni Morrison

Inspiré d'un fait divers survenu en 1856, Beloved exhume l'horreur et la folie d'un passé douloureux. Ancienne esclave, Sethe a tué l'enfant qu'elle chérissait au nom de l'amour et de la liberté, pour qu'elle échappe à un destin de servitude. Quelques années plus tard, le fantôme de Beloved, la petite fille disparue, revient douloureusement hanter sa mère coupable. 

Loin de tous les clichés, Toni Morrison ranime la mémoire et transcende la douleur des opprimés. Prix Pulitzer en 1988, Beloved est un grand roman violent et bouleversant. 

Recommandé par : Augustin Trapenard (et aussi par Paul Moreira)

Episode : Science, poésie et roman - La grande librairie

Le Premier qui pleure a perdu Sherman Alexie

Voici les péripéties poignantes et drôles de Junior, un jeune Indien Spokane, né dans une Réserve. Rien ne lui sera épargné – il a été le bébé qui a survécu par miracle, l’enfant dont on se moque et il est désormais l’adolescent qui subit en soupirant coups de poings et coups du sort. Jusqu’au jour où cet éternel optimiste réalise qu’un déplorable avenir l’attend s’il ne quitte pas la Réserve. Admis à Reardan, une école prestigieuse surtout fréquentée par les Blancs, Junior se sent devenir un Indien à temps partiel…

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Science, poésie et roman - La grande librairie

L'inventaire des rêves Chimamanda Ngozi Adichie

L'inventaire des rêves, c'est avant tout la naissance de quatre grandes héroïnes, quatre femmes puissantes venues d'Afrique de l'Ouest dont les destins et les rêves se croisent. Chiamaka est une rebelle qui a déçu sa famille huppée du Nigeria, car au mariage avec enfants elle préfère vivre de sa plume, sans attaches. Mais est-ce vraiment son rêve ? Sa meilleure amie Zikora, qui a toujours voulu être mère, réussit à trouver le parfait alter ego, mais sera-t-il à la hauteur ? Quant à Omelogor, cousine de la première, femme d'affaires brillante, elle rêve de combattre les injustices faites aux femmes et plaque tout pour reprendre des études aux États-Unis. Et puis il y a Kadiatou, domestique adorée de Chiamaka, fine cuisinière et tresseuse hors pair. Son rêve américain se réalise quand un hôtel de luxe l'embauche comme femme de chambre, pour le meilleur et surtout pour le pire. Les rêves des femmes seraient-ils plus difficiles à atteindre ? Dix ans après le succès planétaire d'Americanah, la grande Adichie signe un magnifique nouveau roman, ample et saisissant. En mêlant avec brio sujets profonds et frivolité, drames et douceur, L'inventaire des rêves bouleverse autant qu'il amuse. Car si ces quatre héroïnes inoubliables aiment rêver d'amour, papoter pendant des heures, partager plats savoureux et plaisanteries, elles sont aussi et avant tout des femmes noires qui, chacune à sa manière, doivent questionner l'impact qu'a leur couleur de peau sur leur parcours, et sur le regard des autres.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Science, poésie et roman - La grande librairie

Si Einstein avait su... Alain Aspect

Alain Aspect a voulu écrire ce livre pour nous faire partager sa fascination pour le débat entre deux géants de la physique, Niels Bohr  et Albert Einstein, portant sur l’interprétation de la mécanique quantique.Presque un demi-siècle après ses propres expériences, Alain Aspect  a reçu le prix Nobel de physique pour avoir montré que l’on doit renoncer à la vision du monde quantique défendue par Einstein.Alain Aspect replace le débat dans l’incroyable histoire de la physique quantique. Ne cachant pas son admiration pour Einstein, il nous montre comment la controverse quasi philosophique que celui-ci a engagée avec Niels Bohr a conduit à des expériences bien réelles et à l’invention de nouvelles technologies quantiques.Tout en faisant le récit de son parcours, Alain Aspect nous explique avec passion et clarté comment il a mis en évidence l’une des propriétés les plus extraordinaires de l’intrication quantique, et il tente d’imaginer la réaction d’Einstein à ses résultats expérimentaux.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Science, poésie et roman - La grande librairie

Transports physiques Etienne Klein

Le mot "physique" a ceci de rare qu'il existe à la fois au masculin et au féminin : il y a le physique et la physique. D'où deux sortes de "culture physique", aux contenus fort différents, d'ailleurs séparées bien comme il faut dans le système éducatif. Il arrive toutefois que ces deux cultures entrent en collision frontale, notamment lorsqu'on découvre l'aisance avec laquelle notre corps et ses sens limités parviennent à fausser notre lecture du monde. Heureusement, au fil de l'histoire, différents stratagèmes furent inventés qui permirent à l'esprit humain de s'émanciper des conditions physiques très particulières dans lesquelles s'ébrouent nos enveloppes charnelles. C'est grâce à de tels "transports" qu'a pu naître la physique dite "moderne", devenue spectaculairement efficace. Mais en ces temps de conquête spatiale et d'intelligence artificielle, comment doit-on envisager la suite de l'aventure ?

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Science, poésie et roman - La grande librairie

Danser sur tes braises - et autres poèmes Ananda Devi

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Science, poésie et roman - La grande librairie

Le Meilleur des mondes Aldous Huxley

Voici près d'un siècle, dans d'étourdissantes visions, Aldous Huxley imagine une civilisation future jusque dans ses rouages les plus surprenants : un État Mondial, parfaitement hiérarchisé, a cantonné les derniers humains " sauvages " dans des réserves. La culture in vitro des fœtus a engendré le règne des " Alphas ", génétiquement déterminés à être l'élite dirigeante. Les castes inférieures, elles, sont conditionnées pour se satisfaire pleinement de leur sort. Dans cette société où le bonheur est loi, famille, monogamie, sentiments sont bannis. Le meilleur des mondes est possible. Aujourd'hui, il nous paraît même familier...

Romane Clément : "64 000 répétitions, en font une vérité". C'est tiré de ce livre et je trouve que ça rend bien compte de tout le techno-solutionnisme aussi et des imaginaires, des mythes technologiques qui nous entourent.

Recommandé par : Augustin Trapenard (et aussi par Laurent Alexandre, Romane Clément)

Episode : Science, poésie et roman - La grande librairie

Travaux Georges Navel

Un des livres les plus beaux inspiré par la condition ouvrière. Travaux, paru au lendemain de la guerre, en 1945, est tout de suite devenu un classique. Les critiques ont comparé Georges Navel à Gorki, à Panaït Istrati, à Eugène Dabit, à Charles-Louis Philippe. Mais Navel fait entendre une voix qui n'appartient qu'à lui. Comme l'a écrit Jean Giono : Cette patiente recherche du bonheur qui est la nôtre, nous la voyons ici exprimée avec une bonne foi tranquille.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le Quart d'heure national de lecture - La grande librairie

La nuit sur commande Christine Angot

« Je me revois dans les rues de Châteauroux, à quatre ans, cinq ans, six ans, sept ans… En train d’aller à l’école. Je passais par une petite ruelle pavée, qui longeait le musée. Je me revois avancer entre les murs, en chantonnant les dernières chansons de Sheila, et en contemplant à mes pieds du haut de ma taille les chaussures vernies noires que ma mère venait de m’acheter. Je ne savais rien de ce qu’allait être ma vie. L’avenir ne m’inquiétait absolument pas. Au contraire.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le Quart d'heure national de lecture - La grande librairie

La nuit ravagée Jean-Baptiste Del Amo

"Ils s'étaient presque attendus à découvrir la maison abandonnée tous volets ouverts, lumières aux fenêtres, éclairant la nuit comme une attraction foraine démoniaque, prête à les happer. Mais ils la trouvèrent fidèle à elle-même, embusquée tout au fond de l'impasse, dissimulée par les ronces, semblable à ces araignées noires qui se nichent dans les crevasses des murs où elles patientent à l'affût d'une proie." Saint-Auch, petite bourgade en périphérie de Toulouse, au début des années 1990. Au fond de l'impasse des Ormes se trouve une maison abandonnée qui depuis toujours exerce une attraction étrange sur un groupe d'adolescents du quartier. Lorsque l'un d'entre eux meurt dans de terribles circonstances, ils décident d'y entrer, sans se douter des périls auxquels ils s'exposent. Rendant hommage au roman horrifique, Jean-Baptiste Del Amo explore les rêves et les désillusions d'une époque, d'une génération et d'une classe sociale confrontées à la brutalité du monde et aux ravages du temps.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le Quart d'heure national de lecture - La grande librairie

Nouvelles nocturnes Bernard Quiriny

Tout le monde devrait avoir le droit de vivre dans une nouvelle de Bernard Quiriny. Un univers imprévisible et loufoque, peuplé de personnages étonnants : un suicidaire immortel, un garçon qui se dédouble la nuit, un brillant étudiant qui prépare une thèse sur rien, un Sherlock Holmes interlope… Mais aussi des maisons hantées, des musées farfelus, des coutumes locales improbables, des cadavres à la dérive. Et quantité d’histoires cocasses et troublantes qui font de ces Nouvelles nocturnes un cabinet de curiosités au charme mystérieux, porté par un style virtuose et mordant. Né en Belgique, auteur de romans, Bernard Quiriny est également un maître de la nouvelle dont il renouvelle le genre, entre fantastique et humour noir. Il a notamment publié L’angoisse de la première phrase, Contes carnivores (prix Victor Rossel), Une collection très particulière (Grand Prix de l’imaginaire), Histoires assassines et Vies conjugales.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le Quart d'heure national de lecture - La grande librairie

Ma vie avec Marcel Proust Catherine Cusset

"Si une bonne fée me donnait le choix : devenir Proust, mais souffrir d'asthme et d'insomnie jusqu'à ma mort, ou bien dormir passablement bien et rester moi-même, que choisirais-je ? Sans doute la seconde option. Voilà pourquoi je ne suis pas Proust. Les grands écrivains sont-ils ceux qui se consument pour leur oeuvre, qui en meurent ? À mon âge, il était mort." Lectrice d'À la recherche du temps perdu depuis ses quinze ans, Catherine Cusset y a puisé une leçon de vie dont elle nous livre un récit intime, drôle et profond. Qu'on ait lu Proust ou non, elle nous le rend infiniment proche.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le Quart d'heure national de lecture - La grande librairie

Soie Alessandro Baricco

Vers 1860, pour sauver les élevages de vers à soie contaminés par une épidémie, Hervé Joncour entreprend quatre expéditions au Japon pour acheter des oeufs sains. Entre les monts du Vivarais et le Japon, c'est le choc de deux mondes, une histoire d'amour et de guerre, une alchimie merveilleuse qui tisse le roman de fils impalpables. Des voyages longs et dangereux, des amours impossibles qui se poursuivent sans jamais avoir commencé, des personnages de désirs et de passions, le velours d'une voix, la sacralisation d'un tissu magnifique et sensuel, et la lenteur, la lenteur des saisons et du temps immuable. Soie, publié en Italie en 1996 et en France en 1997, est devenu en quelques mois un roman culte - succès mérité pour le plus raffiné des jeunes écrivains italiens.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le Quart d'heure national de lecture - La grande librairie

Comment voler une banque Donald Westlake

Et dire que John Dortmunder en est réduit à faire du porte à porte pour vendre des encyclopédies ! Du gagne-petit pour un cambrioleur habitué aux gros coups. Heureusement, Victor, ancien agent du FBI et neveu d’Andy Kelp, a une idée géniale : un vol de banque. Attention, pas un braquage avec des menaces, des coups de feu et toutes ces choses déplaisantes. Non, l’idée c’est vraiment d’embarquer la banque, puisqu’elle est provisoirement installée dans un mobile home en attendant la réfection du bâtiment qui l’abrite. Un mobile home, comme son nom l’indique, est fait pour être déplacé. Avec un camion et un bon chauffeur, l’affaire devrait marcher… comme sur des roulettes. Une des plus mythiques aventures de Dortmunder et de sa bande rééditée dans une traduction révisée et complétée.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le Quart d'heure national de lecture - La grande librairie

Quand je ne dis rien je pense encore Camille Readman Prud'homme

Quand je ne dis rien je pense encore explore en poésie ces moments où la conversation s’interrompt et où les choses à dire restent en nous, parce qu’elles nous apparaissent trop incertaines ou trop particulières pour être partagées. Ces instants où ce qu’on pense se sépare de ce qu’on dit, où parfois notre visage dit des choses que nous préférerions garder pour nous, où il nous arrive de parler en retard. Entre ce qui se manifeste en nous-mêmes, ce que nous montrons et ce qui est perçu se créent des écarts, que nous tendons toujours plus à taire qu’à expliciter. Chacune, chacun, se retrouvera dans la fragilité de ces instants si rarements nommés.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le Quart d'heure national de lecture - La grande librairie

Les vivants Ambre Chalumeau

« Elle demande de répéter. On demande toujours de répéter, alors qu’en fait on a très bien entendu. Quelque part dans notre crâne, un globule blanc se lève et pète du coude la vitre à ne casser qu’en cas d’urgence, celle qu’on pensait ne jamais avoir à briser : on sait qu’on devrait déclencher un protocole spécial pour accueillir la nouvelle, sauf que personne n’a été briefé, les stagiaires sont incapables, en plus on est samedi soir les bureaux sont déserts, y’a bien les anciens qui sauraient quoi faire, les vieux neurones du fond là, paniqués en permanence, ils nous ont dit qu’un jour ça pouvait arriver mais on les écoute plus ils radotent tellement, et maintenant qu’on a besoin d’eux putain ils sont où ? Et aussi simplement que ça, une nuit comme les autres devient un Début. » Histoire du passage à l’âge adulte, histoire d’émotions contraires, Les Vivants est un premier roman à la sincérité désarmante où le drame et la comédie nous illuminent à chaque page.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Heurs et malheurs du sentiment amoureux - La grande librairie

Roman de plages Arnaud Cathrine

"Une séparation, ce n'est rien. Et c'est toute une vie." Ces mots, Raphaël les a accueillis comme une consolation. Sans doute aussi comme l'impulsion qu'il lui fallait pour arrêter de croire qu'il était irrémédiablement brisé. Certes, il n'a pas vécu une tragédie mais quand même : Anna l'a quitté après vingt ans passés ensemble. Une épreuve à fragmentations qui l'a laissé longtemps à terre. Mais après ? Raphaël prend la mesure de tout ce qu'il va falloir réinventer, sans elle. D'abord, où habiter, à présent qu'Anna conserve l'appartement familial et que leur fille part étudier à Toulouse ? Tout est possible. Et comme rien ne s'impose ni ne presse, il décide de s'exiler en faisant le tour des littoraux français, avec l'intuition que la fréquentation quotidienne des rivages, leur beauté puissante pourraient réveiller la vie en lui. Ce sera La Grande-Motte, Arcachon, Bénerville-sur-mer et Préfailles. Avec, comme imprévues au voyage, des rencontres qu'il n'aurait jamais faites du temps d'Anna. Roman de plages est le récit d'une traversée intime et existentielle, celle d'un homme qui saisit ce moment où, après l'effondrement, s'esquisse enfin un retour au monde, le beau monde du vivant et des vivants.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Heurs et malheurs du sentiment amoureux - La grande librairie

Ta promesse Camille Laurens

"Au moment où s'ouvre ce livre, je romps une promesse. Lorsque je l'ai faite, c'est idiot, j'étais sûre que je la tiendrais. Enfin, idiot, je ne sais pas. La moindre des choses, quand on fait une promesse, n'est-ce pas d'y croire ?" Que s'est-il passé avec son compagnon pour que la romancière Claire Lancel doive se défendre devant un tribunal ? Au fil du récit, elle raconte comment elle s'est peu à peu laissé entraîner dans une histoire faite de manipulations et de mensonges. Dans ce roman haletant comme un thriller, Camille Laurens questionne le narcissisme contemporain, l'absence d'empathie, et se demande comment sauver l'amour de ses illusions. Elle nous invite à le célébrer et à le vivre, au-delà des promesses trahies.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Heurs et malheurs du sentiment amoureux - La grande librairie

La guerre par d'autres Karine Tuil

Un an après avoir quitté l'Élysée, Dan Lehman, ancien président de la République, n'est plus que l'ombre de lui-même. Le couple iconique qu'il formait avec l'actrice Hilda Müller n'est qu'une façade. Alcoolique, menacé par des affaires judiciaires, il tente de revenir sur la scène médiatique tandis que Hilda tient le rôle principal d'un film qui pourrait être sélectionné au festival de Cannes. Mais les fractures de leur vie privée brouillent les frontières entre drame personnel et fiction. Avec ce nouveau roman puissant, Karine Tuil sonde les mécaniques cruelles du pouvoir. Dans cette comédie humaine où l'addiction répond à la difficulté de vivre, où la jeunesse et le capital social deviennent les meilleures armes de séduction se joue une guerre clandestine, mais qui en sortira victorieux ?

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Heurs et malheurs du sentiment amoureux - La grande librairie

Quand on tombe amoureux, on se relève attaché Boris Cyrulnik

« L’amour ne frappe pas au hasard. Ce merveilleux moment ne touche que ceux qui y sont disposés.Toute notre vie, on peut réveiller l’empreinte amoureuse que l’on croyait engourdie.Ceux qui ont bénéficié d’un attachement sécurisé sont les plus faciles à aimer, mais certains se sentent plus à l’aise avec un attachement apaisé et moins fiévreux que l’amour intense, parfois source d’angoisse. Ceux qui, dans leur enfance, ont connu un désert affectif ont tendance à croire qu’ils ne sont pas aimables puisqu’ils n’ont jamais été aimés ; quand on les aime, ils pensent qu’ils ne le méritent pas et qu’on va à nouveau les abandonner. Il est alors difficile de tisser un lien d’attachement. L’amour fait parfois peur et l’attachement parfois emprisonne. Faudra-t-il inventer de nouvelles cours d’amour pour retrouver le plaisir d’aimer ? »

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Heurs et malheurs du sentiment amoureux - La grande librairie

Gioconda Nikos Kokantzis

Dans la Grèce de la Seconde Guerre mondiale, deux adolescents vont découvrir la magie du désir et de l'amour. La tourmente de la guerre emportera cet amour, mais ce livre nous le restitue avec une force, une vérité extraordinaires, et nous gardons longtemps au cœur sa lumière.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Heurs et malheurs du sentiment amoureux - La grande librairie

Je t'aime comme Milène Tournier

Construit sur le double leitmotiv des termes Aimer et Comme, le nouveau recueil de Milène Tournier est une formidable déclaration dʼamour au “tout-ordinaire” qui constitue lʼâme de la ville moderne : ses lieux (“Je tʼaime comme une banque”, “Je tʼaime comme une bibliothèque”, “Je tʼaime comme un salon de tatouage”...) mais aussi ses objets, ses usages ou ses emblèmes (“Je tʼaime comme une gargouille”, “Je tʼaime comme une manifestation”, ”Je tʼaime comme un pigeon”...). Le regard de la poète, qui voit tantôt avec les yeux de la passante, tantôt avec ceux de lʼenfant rêveur ou encore avec ceux de lʼamoureuse transie, agit ici comme un puissant révélateur : le banal qui fait partie intégrante de la ville moderne ne lʼest aussi que parce que nous ne savons pas – ou plus – le voir. Lʼécriture de Milène Tournier se dote ainsi dʼun pouvoir quasi-performatif : il sʼagit rien moins que de réenchanter notre environnement par le verbe poétique.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Heurs et malheurs du sentiment amoureux - La grande librairie

Histoires de la nuit Laurent Mauvignier

Il ne reste presque plus rien à La Bassée : un bourg et quelques hameaux, dont celui qu'occupent Bergogne, sa femme Marion et leur fille Ida, ainsi qu'une voisine, Christine, une artiste installée ici depuis des années. On s'active, on se prépare pour l'anniversaire de Marion, dont on va fêter les quarante ans. Mais alors que la fête se prépare, des inconnus rôdent autour de la maison.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Heurs et malheurs du sentiment amoureux - La grande librairie

Le génie des élèves Olivier Mariotti

On les pense déconnectés de tout alors qu’ils passent leur vie penchés sur leur smartphone. On les dit désintéressés faute d’avoir accès à tout. Pourtant, il suffit de les questionner sur les choses essentielles pour qu’ils nous offrent une vision du monde bien loin des clichés qui alimentent les fils d’actualité.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Et si on retrouvait notre regard d'enfant ? - La grande librairie

Le Dit du mistral Olivier Mak-Bouchard

Après une nuit de violent orage, un homme voit toquer à la porte de sa maison de campagne Monsieur Sécaillat, le vieux paysan d'à-côté. Qu'est-ce qui a pu pousser ce voisin secret, bourru, généralement si avare de paroles, à venir jusqu'à lui ? L'homme lui apporte la réponse en le conduisant dans leur champ mitoyen : emporté par la pluie violente et la terre gorgée d'eau, un pan entier d'un ancien mur de pierres sèches s'est éboulé. Or, au milieu des décombres et de la glaise, surgissent par endroits de mystérieux éclats de poterie. Intrigués par leur découverte, les deux hommes vont décider de mener une fouille clandestine, sans se douter que cette décision va chambouler leur vie.

S'il se nourrit des œuvres de Giono et de Bosco, Le Dit du Mistral n'est pas un livre comme les autres. C'est le début d'un voyage, un roman sur l'amitié, la transmission, sur ce que nous ont légué les générations anciennes et ce que nous voulons léguer à celles à venir. C'est un récit sur le refus d'oublier, une invitation à la vie où s'entremêlent histoires, légendes et rêves. C'est une fenêtre ouverte sans bruit sur les terres de Provence, la photographie d'un univers, un télescope aimanté par les dieux.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Et si on retrouvait notre regard d'enfant ? - La grande librairie

Roman de ronce et d'épine Lucie Baratte

Dans un château perdu à l’orée d’une forêt mystérieuse vivent Ronce et Épine. Avec pour seule alliée leur nourrice, elles grandissent à l’ombre d’une jeune mère fantomatique au corps usé par les nombreux accouchements et d’un père adolescent éternel qui ne pense qu’à son propre plaisir. Pour fuir leur vie recluse rythmée par les saisons, les deux sœurs s’adonnent à de dévorantes passions : la chasse pour Épine, la broderie pour Ronce. Et dans cette forêt étrange et fascinante rôde un esprit vengeur. Devront-elles faire front ou se séparer pour vaincre ce qui veut les briser ?

Empruntant la forme du récit initiatique, Roman de Ronce et d’Épine embarque les lectrices et les lecteurs dans un moyen-âge fantastique en nous contant les épreuves de deux jeunes femmes pour s’arracher à leur destin.

Née en 1981 dans le nord de la France, Lucie Baratte puise son inspiration dans l’univers des contes, des romans anglais des sœurs Brontë ou dans ceux magiques d’Angela Carter. Après sa réécriture de Barbe bleue dans son premier roman Le Chien noir, elle s’attaque ici à l’exploration de la complexité des liens familiaux dans un texte qui tire sa force des fantasmes et fantômes.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Et si on retrouvait notre regard d'enfant ? - La grande librairie

Stanislas Simon Liberati

En septembre 1965 sur les conseils d’un oncle mathématicien facétieux le jeune Simon Louis Liberati est inscrit comme externe en 11e bleue au collège Stanislas. Numéro d’écrou : 103. Il y restera douze ans avant d’en être renvoyé. Dans ce récit en forme de confession, l’auteur de Performance revient sur ses « années de bagne » dans une société française percutée par mai 68.

Tout commence par la destruction des bâtiments du vieux collège. Une grosse boule de fonte balancée au bout d’une chaine abattant les murs des internats poussiéreux sous les yeux des petits garçons en tabliers gris. C’est l’un d’entre eux — le gentil Jean Brisset — cinquante ans plus tard, semi-clochard à vélo atteint du syndrome de Diogène, qui réveille les souvenirs de l’écrivain en lui envoyant par pli chez Grasset un curieux et fétichiste collage. La machine se met en marche : précision cruelle du récit, portraits d’une certaine France, de « l’étonnante hypocrisie de la bourgeoisie catholique et de ses suppôts » laissant souvent la parole à des documents tirés des archives de l’auteur. Le collège y apparait — à travers parfois les mots de ses éducateurs — sous un jour inattendu, perméable à la libéralisation des mœurs et aux réformes scolaires, même s’il reste quelques médailles d’autrefois-Guynemer ou Pétain dans les bureaux des abbés.Fils unique d’un poète surréaliste et d’une danseuse « sujet habillé des Folies Bergères », l’élève Libérati ne se sentit jamais très proche de ses condisciples de Stanislas, ni d’un personnel souvent médiocre ou pittoresque qui s’adressait à lui et aux ombres qui l’entourait comme à « l’élite de la nation ». Victime de harcèlement à l’âge de 15 ans, Liberati, que ses tourmenteurs surnommaient « Liboche », songea à se pendre dans les toilettes. La seule échappée restant l’amour de ses parents qui « ne lui apprirent pas grand-chose de la vie parce qu’ils la connaissaient mal » et les amis de ceux-ci, personnages de Dickens ou de Nerval, dont Liberati laisse des croquis plein d’une nostalgie purement romantique.

Un troublant récit d’apprentissage baigné d’une lumière d’un autre monde.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Et si on retrouvait notre regard d'enfant ? - La grande librairie

Vous parler de mon fils Philippe Besson

Je vous demande de vous mettre à notre place. Un instant. Rien qu'un instant. Votre enfant vient vous raconter l'humiliation, la persécution, le bannissement. C'est votre fils, votre fille, il a douze ans, elle en a huit ou quatorze. C'est la chair de votre chair, ce que vous avez de plus précieux au monde. C'est l'être que vous devez protéger, défendre, soutenir, aider à grandir. Et il vient vous avouer cela. Vous y êtes ? Vous la devinez, votre stupéfaction ? votre culpabilité ? votre douleur ? votre colère ? Ça vous envahit, pas vrai ? ça vous submerge, ça vous dépasse, ça vous anéantit. Et ça, ce n'est que le début. Que les toutes premières minutes.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Et si on retrouvait notre regard d'enfant ? - La grande librairie

La splendide promesse : Mon itinéraire républicain Danièle Sallenave

Je suis une enfant des années d'après-guerre, élevée dans l'amour de la république, de ses principes, de ses symboles et de ses mythes au coeur de l'Ouest conservateur et clérical. Qu'ai-je fait de cet héritage, et qu'a-t-il fait de moi ? Je ne me donne pas en exemple, je raconte. Mon itinéraire, mon parcours dans une époque mouvementée. Fin de la guerre d'Algérie, mai 68, découverte du tiers-monde, chute du Mur, sursauts populistes d'une France en proie au mécontentement et au doute... Une rude mise à l'épreuve de l'idéal républicain. Des voyages, des rencontres, des engagements, des amitiés, des ruptures. Et pour finir une conviction têtue. La république n'est rien si elle oublie "la splendide promesse faite au tiers état", selon la formule de Mandelstam. Une promesse de justice, d'instruction et de progrès.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Et si on retrouvait notre regard d'enfant ? - La grande librairie

La Très Catastrophique Visite du Zoo Joël Dicker

À la veille de Noël, une visite scolaire dans un zoo tourne à la catastrophe. Que s'est-il passé exactement ? Les parents de Joséphine, qui participait à cette sortie et qui semble être l'une des protagonistes de cette affaire, sont bien déterminés à le découvrir. Dans cette quête de vérité, on comprend peu à peu qu'une catastrophe n'arrive jamais seule. Les apparences sont trompeuses et le récit des évènements va prendre une tournure que personne n'était près d'imaginer.

La Très Catastrophique Visite du Zoo est une enquête qui nous tient en haleine jusqu'au bout, mais aussi un roman drôle et touchant, parsemé de clins d'œil sur nos modes sociétales (démocratie, éducation inclusive, rapports parents-enseignants). Et c'est justement le tour de force de ce livre, mêlant plusieurs niveaux de compréhension, qui émerveillera lecteurs de tous âges et tous horizons. Un livre pour lire et faire lire. À mettre entre toutes les mains !

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Et si on retrouvait notre regard d'enfant ? - La grande librairie

Anthologie (1992-2005) Mahmoud Darwich

Cette anthologie bilingue retrace l’itinéraire poétique de Mahmoud Darwich depuis le début des années 1990. Elle regroupe des poèmes extraits de sept recueils dont chacun a été considéré à sa sortie comme une oeuvre majeure, un important jalon dans l’histoire de la poésie arabe contemporaine : «Onze astres, Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ? Le Lit de l’étrangère, Murale, Etat de siège, Ne t’excuse pas »et «Comme des fleurs d’amandier ou plus loin».

Mêlant l’individuel et le collectif, le lyrique et l’épique, le quotidien et l’éternel, le poète y réussit le pari de toute une vie : opposer la fragilité humaine à la violence du monde et élever la tragédie de son peuple au rang de métaphore universelle.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Que peuvent les mots dans un monde qui tremble ? - La grande librairie

Que peut Littérature quand elle ne peut ? Patrick Chamoiseau

Aujourd’hui, pour questionner les littératures dans leur rapport au monde, donc à chaque être vivant, il serait indécent de ne pas considérer toutes les oppressions : Palestiniens, Tibétains, Ouïghours, Rohingyas, Tutsis, Kurdes, Ukrainiens, Haïtiens, Syriens, peuples-nations effacés dans l’Outremer français... Je les vois et les nomme un à un au cœur en apparence bien impuissant de nos littératures !... 

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Que peuvent les mots dans un monde qui tremble ? - La grande librairie

Notre guerre quotidienne Kourkov Andreï

Notre guerre quotidienne est un texte exceptionnel : c'est la suite du Journal d'une invasion, la chronique de l'invasion russe tenue par le grand écrivain ukrainien Andreï Kourkov. Entre août 2022 et février 2024, il raconte de l'intérieur le combat des Ukrainiens pour sauver leur pays. Dix ans après l'annexion de la Crimée, deux ans après l'invasion de l'Ukraine, Kourkov montre les tentatives de la Russie, depuis plusieurs siècles déjà, pour détruire la culture ukrainienne, c'est-à-dire la culture d'un peuple résolument tourné vers l'Europe. Qu'il parle du stress extrême des habitants face aux raids aériens, de la déportation des citoyens des régions occupées, de la corruption éhontée de certains membres du gouvernement ukrainien, du rôle de Zelensky, des crowdfundings pour soutenir l'armée ou des festivités de Halloween, Kourkov nous donne à voir le quotidien d'un peuple en guerre. Un quotidien parfois absurde, marqué par la résistance, la solidarité et une détermination sans faille. Écrit sur un ton tour à tour mordant, tragique ou humoristique, toujours sincère, Notre guerre quotidienne nous permet de mieux comprendre les enjeux du conflit mais aussi la manière dont il est vécu, au jour le jour, par la population.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Que peuvent les mots dans un monde qui tremble ? - La grande librairie

L'Ecriture qui guérit : Traumatismes de guerre et littérature Nayla Chidiac

« Je me suis intéressée dans ce livre au lien entre l’écriture et la guerre. L’écriture peut-elle avoir une action sur un traumatisme psychique ?

La littérature fait bien plus que nous distraire, elle nous apprend à penser pour nous amener à nous transformer. Nous avons tous besoin d’histoires, de récits, de mots pour donner une forme à l’informe de la guerre. Tenter de comprendre en quoi ce besoin irrépressible d’écrire en temps de guerre peut être salvateur, tel est le propos de ce livre.

À travers un abécédaire d’auteurs du passé et du présent, j’ai voulu donner envie de comprendre le rapport des écrivains à l’écriture, mais surtout donner envie de lire ou de relire des œuvres qui pourront nous éclairer dans les temps douloureux que chacun est susceptible de traverser. »

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Que peuvent les mots dans un monde qui tremble ? - La grande librairie

Carnets d'Ukraine Michel Hazanavicius

Les droits de ce livre sont reversés à l'organisation UNITED24, qui oeuvre à la défense et à la reconstruction de l'Ukraine.

En novembre 2023, j'ai passé quelques jours sur le front en Ukraine. J'y suis allé parce que des amis ukrainiens m'avaient proposé de rencontrer ceux qui combattent. La plupart sont comme vous et moi, ils ne sont pas militaires de carrière et n'auraient jamais imaginé se retrouver dans une tranchée, sous les obus. Je suis parti avec un papier et un crayon, et je suis revenu avec ce carnet. À l'heure où il est publié, je ne sais pas qui, parmi eux, est encore en vie. Mais je sais ce que nous leur devons.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Que peuvent les mots dans un monde qui tremble ? - La grande librairie

Giovanni Falcone Roberto Saviano

Le 23 mai 1992, aux abords de Palerme, plusieurs centaines de kilos d'explosifs faisaient sauter la voiture du célèbre juge Falcone, l'ennemi numéro1 de la mafia sicilienne. Le nouveau roman-enquête de Roberto Saviano reconstitue les étapes qui ont mené à cet assassinat. Tout commence vingt ans plus tôt, lorsqu'un magistrat inconnu rouvre le dossier antimafia. Sous la surveillance d'une escorte grandissante, Giovanni Falcone accumule une infinité de preuves, pleure la mort de collègues tombés avant lui et connaît quelques brèches de bonheur en tant que mari, frère et ami. À chaque instant, il sait ses jours comptés. En plusieurs chapitres haletants qui composent une mosaïque contrastée, Roberto Saviano décrit les multiples tentacules de la pieuvre mafieuse. Il rend aussi un hommage bouleversant à son antidote le plus pur : le courage d'avancer, malgré la peur, jusqu'à obtenir justice.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Que peuvent les mots dans un monde qui tremble ? - La grande librairie

Ultramarins Mariette Navarro

«Ils commencent par là. Par la suspension. Ils mettent, pour la toute première fois, les deux pieds dans l'océan. Ils s'y glissent. A des milliers de kilomètres de toute plage.»

A bord d'un cargo de marchandises qui traverse l'Atlantique, l'équipage décide un jour, d'un commun accord, de s'offrir une baignade en pleine mer, brèche clandestine dans le cours des choses. De cette baignade, à laquelle seule la commandante ne participe pas, naît un vertige qui contamine la suite du voyage. Le bateau n'est-il pas en train de prendre son indépendance ?

Ultramarins sacre l'irruption du mystère dans la routine et l'ivresse de la dérive.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Que peuvent les mots dans un monde qui tremble ? - La grande librairie

La parabole des talents Octavia E. Butler

2032. Célèbre créatrice de jeux virtuels, Asha découvre le journal dans lequel sa mère Lauren a posé les bases de sa philosophie humaniste et pacifiste. Dans une Amérique au comble du chaos qui renoue avec l'esclavagisme, Asha entre en résistance à son tour...

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Que peuvent les mots dans un monde qui tremble ? - La grande librairie

J'écris l'Iliade Pierre Michon

Ce récit est souvent érotique. Quand il résiste à l'appel du désir, il écoute les voix des bêtes, des arbres, des pierres, de ceux qu'on a appelés les dieux - les voix de la guerre, aussi. L'amour et la guerre sont père et mère de tout récit, depuis le premier, qui est le Chant d'Homère. J'ai essayé d'entrevoir Homère dans ses antiques temps et lieux, mais aussi ici et maintenant. Le Chanteur inlassable hésite entre son époque et la nôtre, sans regret ni nostalgie, ni illusions. Avec étonnement peut-être. Il est aveugle, n'est-ce pas. Nous voit-il ? Homère est le héros de ce livre.

Marc-Olivier Padis : Je vous recommande ce livre de Pierre Michon, cas particulier parmi les écrivains français, peut-être le seul à s’inscrire dans une grande tradition littéraire, et pour qui la seule justification de l‘écriture est de tenter de se mettre à l’altitude de la plus haute littérature. Il n’écrit pas pour régler des comptes avec son héritage familial ou pour parler de lui, ni pour transposer dans un futur proche ou un passé plus ou moins lointain des problématiques de l’actualité. La seule ambition qui vaille à ses yeux est de se mesurer aux plus grands, en l’occurrence Homère. Ambition démesurée, évidemment vouée à l’échec, mais un échec lucide et splendide, qui le conduit à réécrire le mythe d’Actéon, ce chasseur qui vit Artémis au bain et fut changé en cerf, puis dévoré par ses propres chiens, ou de Pasiphaé. Une lecture toujours éblouissante.

Recommandé par : Augustin Trapenard (et aussi par Marc-Olivier Padis)

Episode : Peux-ton encore se parler ? - La grande librairie

L'opportunité de vivre : Ultimes études André Comte-Sponville

Continuer de vivre ou décider d'en finir, c'est une question d'opportunité plutôt que de principe : telle est la leçon d'Épicure, des stoïciens et de Montaigne. Encore faut-il être vivant pour en décider. L'opportunité de vivre est donc première, et c'est elle qui requiert tous nos soins : la philosophie ne nous apprend à mourir, comme disait Montaigne, que parce qu'elle nous apprend d'abord à vivre. Car que vaudrait une philosophie qui n'aiderait pas à juger - non une fois pour toutes mais en fonction des circonstances - que la vie, comme disait Camus, « vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue » ? Ces « ultimes études » viennent clore le triptyque entamé en 1994 avec Valeur et vérité (Études cyniques) et prolongé en 2015 avec Du tragique au matérialisme (et retour). André Comte-Sponville y éclaire son propre cheminement en s'appuyant sur celui de ses maîtres de prédilection : Épicure, les stoïciens, Montaigne, Spinoza, Alain, Louis Althusser et Marcel Conche. C'est l'occasion pour lui de porter des éclairages forts sur des questions très actuelles, comme celles qui touchent au cerveau, à la spiritualité ou au matérialisme.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Peux-ton encore se parler ? - La grande librairie

Résister Salomé Saqué

L’extrême droite est aux portes du pouvoir. Dans les urnes comme dans les esprits, ses thèmes, son narratif et son vocabulaire s’imposent. Il est encore temps d’inverser cette tendance, à condition de comprendre les rouages de cette progression et de réagir rapidement.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Peux-ton encore se parler ? - La grande librairie

Alice au pays des idées Roger-Pol Droit

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Peux-ton encore se parler ? - La grande librairie

Le miracle du réconfort Marie Robert

D'aussi loin que je m'en souvienne, voilà ce que j'ai toujours voulu être : philosophe du réconfort. Et continuer, modestement, avec l'humilité qu'il faut pour prendre soin de l'esprit des gens, à tenter de redonner de la force morale, et de faire du courage et de l'espoir d'heureuses possibilités. C'est ce que je vise dans ce livre. Ni une leçon ni une méthode, mais plutôt un tremplin pour raviver nos joies en observant ce qui autour de nous en vaut encore la peine. Ces neuf chapitres sont chacun une invitation à relever la tête, une exploration pour les heures sombres, un carnet de voyage à garder auprès de soi lorsque tout tangue. Au fond, ces neuf chapitres n'ont pas d'autre volonté que de nous rappeler tout ce qui peut donner du sens à nos vies.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Peux-ton encore se parler ? - La grande librairie

Les Vers du Capitaine Pablo Neruda

En 1952, le peintre Paolo Ricci publiait à Naples, tiré à cinquante exemplaires sur grand papier et orné de gravures dont les motifs étaient empruntés aux vases de Pompéi, un livre anonyme intitulé Les vers du Capitaine. Ces poèmes sans nom d'auteur chantaient un amour nouveau., tout de feu sensuel et d'éblouissement, d'enthousiasmes et de déchirements, de passion où la jalousie embrasait souvent la confiance fervente. L'homme qui vivait ce tempétueux bonheur éatit en fait un exilé qui affirmait en lui des forces vives pour poursuivre son combat politique. Ce poète, on le sut plus tard, n'était autre que Pablo Neruda ; l'élue : une jeune "Chilienne du Sud", Mathilde Urrutia, rencontrée quelques mois auparavant, et avec laquelle l'auteur du Chant général venait de passer une période de vie clandestine à Capri, dans une maison prêtée par un ami. Mathilde, qui devait partager les joies et les luttes de Pablo Neruda jusqu'à sa mort, nimba d'un éblouissant scintillement son oeuvre érotique. En 1959, renouvelant avec talent l'un des genres les plus anciens de la poésie amoureuse, Neruda consacrait à Mathilde l'un de ses chefs-d'oeuvre : La centaine d'amour.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Peux-ton encore se parler ? - La grande librairie

Métrobate Maurice Pons

« Maintenant encore, mes parents pensent parfois à cette aventure avec une sorte d’effarement et de fureur. »

Été 1945. Dans un petit château du bord de mer vit la famille Rivière. Le temps des vacances, les parents font venir de Paris un précepteur pour instruire Hervé, quatorze ans, qui a délaissé les études pendant la guerre. Dès son arrivée, le jeune professeur, désinvolte et élégant, séduit la famille et son entourage. Il se montre si gentil – trop peut-être ? Bientôt, il commence à intriguer, à inquiéter : on ne sait rien de lui, pas même ce qu’on pourrait en craindre.Donnant la parole à l’adolescent, le premier roman de Maurice Pons est un bijou de tension romanesque, troublant et étrangement poétique.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Peux-ton encore se parler ? - La grande librairie

La lumière vacillante Nino Haratischwili

Elles sont quatre : il y a Nene la romantique, Ira la cérébrale, Dina l'idéaliste et Keto l'observatrice. Voisines depuis l'enfance, elles grandissent ensemble à Tbilissi, en Géorgie, au moment où l'Union soviétique s'effrondre et où se pose la question de l'avenir de leur pays. Chacune à leur manière, les quatre amies vont faire l'expérience de l'amour, de l'espoir, de la déception, de la trahison, et être confrontées aux conséquences, dans leur vie privée, de ces événements politiques et historiques qui feront bifurquer à jamais leurs existences. Très attendu après le succès de La huitième vie, ce nouveau roman au souffle épique confirme que Nino Haratischwili est l'une des autrices les plus talentueuses de sa génération. La lumière vacillante nous entraîne aux côtés de personnages féminins inoubliables, mus par la passion et habités par des idéaux qui se heurtent à la cruauté de l'Histoire.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Peux-ton encore se parler ? - La grande librairie

Mon vrai nom est Elisabeth Adèle Yon

Une chercheuse craignant de devenir folle mène une enquête pour tenter de rompre le silence qui entoure la maladie de son arrière-grand-mère Elisabeth, dite Betsy, diagnostiquée schizophrène dans les années 1950. La narratrice ne dispose, sur cette femme morte avant sa naissance, que de quelques légendes familiales dont les récits fluctuent. Une vieille dame coquette qui aimait nager, bonnet de bain en caoutchouc et saut façon grenouille, dans la piscine de la propriété de vacances. Une grand-mère avec une cavité de chaque côté du front qui accusait son petit-fils de la regarder nue à travers les murs. Une maison qui prend feu. Des grossesses non désirées. C'est à peu près tout. Les enfants d'Elisabeth ne parlent jamais de leur mère entre eux et ils n'en parlent pas à leurs enfants qui n'en parlent pas à leurs petits-enfants. "C'était un nom qu'on ne prononçait pas. Maman, c'était un non-sujet. Tu peux enregistrer ça. Maman, c'était un non-sujet.' Mon vrai nom est Elisabeth est un premier livre poignant à la lisière de différents genres : l'enquête familiale, le récit de soi, le road-trip, l'essai. À travers la voix de la narratrice, les archives et les entretiens, se déploient différentes histoires, celles du poids de l'hérédité, des violences faites aux femmes, de la psychiatrie du XXe siècle, d'une famille nombreuse et bourgeoise renfermant son lot de secrets.

Recommandé par : Augustin Trapenard (et aussi par Rebecca Manzoni)

Episode : Les perdants magnifiques - La grande librairie

Bristol Jean Echenoz

- Alors qu'est-ce que vous faites dans la région, dites-moi un peu, s'inquiète le commandant Parker.- Disons que c'est pour un film que je suis en train de tourner, indique Robert. Comme vous voyez.- On ne m'en avait pas averti, regrette le commandant, mais voilà qui m'intéresse beaucoup. Et quel genre de film, au juste ?- Toujours pareil, expose Robert, l'amour et l'aventure. Avec l'Afrique et ses mystères, vous voyez le genre. - Ah oui, soupire le commandant Parker, je vois en effet très bien le genre. Et pour votre histoire d'amour, vous avez pris quelle actrice ? - Céleste, dit Robert.

Recommandé par : Augustin Trapenard (et aussi par Rebecca Manzoni)

Episode : Les perdants magnifiques - La grande librairie

Tout le monde aime Clara David Foenkinos

Clara voit au-delà des apparences. Ceux qui la connaissent la redoutent autant qu'ils l'admirent. Car elle ne prédit pas seulement l'avenir, elle l'éveille.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les perdants magnifiques - La grande librairie

Un perdant magnifique Florence Seyvos

Au cœur d’une famille en pleine implosion, le beau-père atypique capte toutes les attentions. Mythomane, dépensier, capricieux, suicidaire, généreux, élégant, clochardisé, sincère, menteur, enthousiaste, dépressif, Jacques est tout cela à la fois. Entre la France et la Côte d’Ivoire, il entraîne la narratrice, sa sœur Irène et leur mère dans un tourbillon qui finira par le tuer. Depuis toujours, Florence Seyvos est comme hantée par ce personnage mystérieux… et toxique. Avec Un perdant magnifique , elle n’a jamais été aussi proche de la vérité. Une vérité douloureuse qu’elle restitue avec ce mélange de pudeur et de violence qui est sa marque de fabrique. Comme dans Le Garçon incassable, son plus grand succès à ce jour, elle parvient à poser un regard précis, parfois cruel, sur toutes les situations, mais avec une délicatesse infinie.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les perdants magnifiques - La grande librairie

Herbier de prison Rosa Luxemburg

Quoi de plus iconoclaste qu’un herbier composé entre quatre murs, sans l’étendue de la nature ? Comme une contradiction dans les termes. L’herbier de Rosa Luxemburg est une archive sans équivalent. Troublante et attachante, sa fragilité et son histoire en font un témoignage de résistance et d’évasion, une fabrique de formes et de joie, un document sur le sentiment politique de la nature, fondement de toute écologie.

Composé de sept cahiers datés d’avril 1915 à octobre 1918, l’herbier a pu être réalisé par la révolutionnaire emprisonnée grâce à l’amitié sans faille de quelques femmes, ses amies intimes dont la féministe Clara Zetkin. Au-delà des quelques fleurs et mauvaises herbes de la cour de la prison que Rosa glane lorsqu’elle sort sous surveillance, ce sont ses proches qui lui envoyèrent par lettres des spécimens séchés ou des bouquets de fleurs fraîches qu’elle-même pressait. Aux planches de l’herbier répond ainsi tout une correspondance où il est question de botanique, de nature, de romantisme allemand, d’amour de toutes créatures, et cela, « en dépit de l’humanité ». Rosa Luxemburg ne cesse d’encourager ses proches à garder leur joie de vivre et leur gaieté alors que les nuages qu’elle entraperçoit par une fenêtre à barreaux se chargent des couleurs de la guerre et de l’acier.Herbier de prison est constitué de 133 planches botaniques accompagnées de la traduction des légendes manuscrites de celles-ci. Cet ouvrage recueille également une soixantaine de lettres, dans lesquelles la révolutionnaire évoque sa passion pour les plantes, ainsi que pour les animaux. Des documents inédits en français complètent le volume, notamment un journal où Rosa Luxemburg consigne les faits et gestes de sa vie d’incarcérée. En lire plus

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les perdants magnifiques - La grande librairie

Mes saisons en enfer : Cinq voyages cauchemardesques Martha Gellhorn

Déployant une joyeuse fureur et une élégante ironie, l'illustre correspondante de guerre américaine Martha Gellhorn raconte ses cinq pires épopées autour du monde. On se réjouit de la suivre dans ses tribulations, tout en se félicitant - souvent - de ne pas être de l'aventure.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les perdants magnifiques - La grande librairie

Bienvenue Mister Chance Jerzy Kosinski

À l’écart du monde, Mister Chance cultive paisiblement son jardin. Mais un malheureux événement le contraint à fréquenter ses contemporains. Sans aucune expérience de la compagnie des hommes, ce grand naïf risque de se faire dévorer. Or, son intrigante présence va renverser les règles du jeu. Mister Chance est une fable à l'humour noir sur le vide des puissants dont le pouvoir ne repose que sur les apparences. Alors, quand un être sans pareil débarque, c'est toute la mécanique des élites qui s'enraille. Après avoir échappé à la Shoah et fui la Pologne communiste, Jerzy Kosinski (1933-1991) s'est reconstruit aux États-Unis où ses succès littéraires lui ont attiré bien des jalousies. Et la réussite de l'adaptation cinématographique de Mister Chanceavec Peter Sellers n'a pas aidé. Fatigué des polémiques et usé, il finit par se suicider en laissant ce mot : "Je m'en vais dormir, mais seulement un peu plus longtemps. Disons, pour l'éternité." L'éternité, c'est d'ailleurs là où se trouve l'antihéros de ce texte dans l'histoire littéraire.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les perdants magnifiques - La grande librairie

Mère à l'horizon Jacques Gamblin

Un hommage bouleversant de Jacques Gamblin à sa mère, où le rire n'est pourtant jamais loin, prêt à déferler sur la grève.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le souvenir - La grande librairie

Parler avec sa mère Maxime Rovere

"J'ai souvent pensé, étudiant les ouvrages d'écologie où les amateurs de grands espaces et les aventurières partent traquer les loups, observer les champignons, s'émerveiller des poulpes ou défier les ours que, s'ils avaient rencontré ma mère, ils auraient eu sous les yeux une créature tout aussi fascinante, dont les particularités m'ont toujours replacé dans un écosystème familier, au contact d'une intimité aussi problématique que celle qui nous lie toutes et tous, sans que nous comprenions très bien comment, au reste des systèmes terrestres." Ainsi s'ouvre un grand livre sur l'amour filial, qui explore la gamme si riche des interactions et des sentiments qui nous lient à nos mères, de la naissance à la mort en passant par le grand âge. Maxime Rovere y développe une réflexion éthique profondément novatrice qui nous enseigne le chemin joyeux d'une reconnexion avec le monde.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le souvenir - La grande librairie

Le requiem de Terezin Josef Bor

Raphaël Schächter, pianiste et chef d'orchestre tchécoslovaque, arrive au camp de Terezin en juin 1942. Il le quitte pour Auschwitz en octobre 1944. Entre ces deux dates, il réussit à répéter et à faire jouer par les détenus – cent cinquante choristes, deux pianistes qui remplacent l'orchestre et quatre solistes – le Requiem de Verdi. Dix-huit mois d'efforts pour donner une représentation de cette messe catholique des morts devant des officiers nazis, dont Eichmann. Un véritable défi, et surtout une représentation des souffrances des juifs ainsi qu'un message de courage dans un face-à-face terrible avec leurs bourreaux.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le souvenir - La grande librairie

Le Silence d'Isra Etaf Rum

Les livres qu'elle lit en secret n'y pourront rien... Aussi rêveuse soit-elle, Isra n'a pas le choix lorsqu'en 1990 sa famille l'envoie à Brooklyn pour y un mariage arrangé. Là, la jeune Palestinienne perdra une à une ses illusions de rêve américain, soumise à la tyrannie d'une belle-mère aux traditions archaïques – recluse, cloitrée, intimée de se taire à jamais. Dix-huit ans plus tard, arrivée en âge de se marier, sa fille Deya parviendra-t-elle à s'extraire de ce carcan ? Au silence de sa mère, répondre par un grand cri de liberté ?

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le souvenir - La grande librairie

Rien ne s'oppose à la nuit Delphine de Vigan

Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l'écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd'hui je sais aussi qu'elle illustre, comme tant d'autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le souvenir - La grande librairie

Le côté obscur de la Reine Marie Nimier

"Comme je l'aimais, comme nous nous aimions. Cela va sans dire, et l'écrire me serre le coeur. Ma mère, ma maman, il n'y a qu'une femme au monde que je peux appeler ainsi. Quel dommage. Quel gâchis. Je ne lui en veux pas, non, lui en vouloir, ce serait encore la vouloir. Encore rester accrochée. Les gestes d'apaisement dictés par la raison me coûtent mes nuits. On me conseille de me blinder, mais me blinder ne sert à rien, ou alors je ne me blinde pas où il faut, comme il faut. Ma mère m'occupe, ses lamentations me submergent, sa mauvaise foi, ses chantages, son agressivité déguisée en tendresse. Je sors de mes visites lessivée. Tu prends les choses trop au sérieux, m'écrit ma tante. Il faut que tu fasses un stage de je-m'en-foutisme ! Je dois le reconnaître, j'ai d'énormes lacunes en je-m'en-foutisme."

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le souvenir - La grande librairie

Quand la terre était plate Jean-Claude Grumberg

« Je m’aperçois à quel point il est difficile de raconter une histoire vraie, surtout quand on ne la connaît pas. »Comment écrire quand les protagonistes d’un récit ont disparu ? Jean-Claude Grumberg rassemble son absence de souvenirs, les rares histoires racontées par Suzanne, sa mère, et les récits parcellaires arrachés à Maxime, son frère aîné.En revenant sur la vie de Suzanne, née à Paris en 1907 de parents originaires de Brody en Galicie (aujourd’hui en Ukraine), ce sont deux guerres mondiales et un siècle de soupçons, d’expulsions, d’exils et pogroms qu’il retrace, à sa manière si singulière, pointant l’absurdité sous l’horreur. C’est le portrait d’une femme qui élève seule ses deux fils lorsqu’elle comprend que leur père, Zacharie, ne reviendra pas d’« on ne sait où ».

Tout l’art de Jean-Claude Grumberg dans un récit bouleversant, aussi tendre que cruel.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le souvenir - La grande librairie

Les mémoires de la Shoah Rojzman Théa, Annick Cojean, Baudouin Tamia

1942, descente des nazis dans le ghetto de Kovno, en Pologne : son nouveau-né dans les bras, une jeune femme regarde autour d'elle, hagarde. Bessie K : « Je tenais le bébé, et j'ai pris mon manteau, et j'ai emballé le bébé, je l'ai mis sur mon côté gauche car je voyais les Allemands dire "gauche" ou "droite", et je suis passée au travers avec le bébé. Mais le bébé manquait d'air et a commencé à s'étouffer et à pleurer. Alors l'Allemand m'a rappelée, il a dit : "Qu'est-ce que vous avez là ?" Je ne savais pas quoi faire parce que cela allait vite et tout était arrivé si soudainement. Je n'y étais pas préparée (...) Il a tendu son bras pour que je lui tende le paquet ; et je lui ai tendu le paquet. Et c'est la dernière fois que j'ai eu le paquet. ».

C'est l'un des nombreux témoignages de survivants des camps de la mort recueillis par Annick Cojean, grand reporter au Monde depuis plus de quarante ans. Elle reçoit en 1996 le prix Albert Londres pour Les mémoires de la Shoah. Ces textes magnifiques prennent une nouvelle dimension aujourd'hui avec cette adaptation en bande dessinée de Théa Rojzman et Tamia Baudoin.

Une adaptation sensible des textes d'Annick Cojean en partenariat exclusif avec le Prix Albert Londres et le Mémorial de la Shoah.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le souvenir - La grande librairie

La Petite fille du passage Ronce Esther Senot, Isabelle Ernot

Passage Ronce, modeste ruelle du vingtième arrondissement : c’est là que le 17 juillet 1942 s’arrête l’histoire de la famille Dzik, originaire de Pologne, arrivée une décennie auparavant en France. La rafle du Vel d’Hiv laisse passer Esther entre les mailles de son filet. À quatorze ans, elle se retrouve totalement seule dans Paris. Un an plus tard, elle est rattrapée par l’implacable dispositif de traque. Déportée à Birkenau en septembre 1943, elle en revient en survivante. La Petite Fille du passage Ronce est un récit polyphonique où littérature et histoire se rencontrent autour d’une narration complexe et douloureuse, portée par une mémoire fragile, issue de l’abominable. De ce passage disparu, il fallait retrouver les récits entrelacés de la migration et de l’espoir, de la destruction des vies et, dans l’après-guerre, celui de la résistance au silence et à l’effacement.Une stèle de mots. Édition enrichie d’un accompagnement pédagogique d’Isabelle Ernot.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Le souvenir - La grande librairie

Je me regarderai dans les yeux Rim Battal

À dix-sept ans, à l'âge des romans à l'eau de rose, des serments d'amitié et des poèmes de Rimbaud, une jeune fille fume une cigarette à la fenêtre de sa chambre. Cette transgression déclenche la violente fureur de sa mère - puis, comme un envol effaré, la fugue de la narratrice. Un ultimatum lui est alors posé : elle devra produire un certificat de virginité. L'examen gynécologique forcé sera sa « première fois ». Comment sortir de l'enfance quand tous les adultes nous trahissent ? Comment aimer quand ceux qui nous aiment nous détruisent ? Porté par une écriture puissante qui n'oublie ni l'ardeur ni la drôlerie, le récit de Rim Battal dit les premières fois, le désir, la générosité et la force qui président à la naissance d'une femme et d'une écrivaine.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre et penser librement - La grande librairie

Sans soleil - tome 1 - Disco inferno Jean-Christophe Grangé

Années 1980 : sur les dancefloors parisiens, c'est la mort qui mène la danse. Embarquez avec Jean-Christophe Grangé pour une quête hallucinée sur les traces du mal... Mon premier est un médecin, mon deuxième un flic, mon troisième une lycéenne, mon tout un assassin qui aime dépecer ses victimes à la machette. Vous ne voyez pas ? Commencez par danser, et nous verrons où l'enquête vous mènera. En cet été 1982, moins il y aura de soleil, plus il y aura de sang...

Recommandé par : Augustin Trapenard (et aussi par Rebecca Manzoni)

Episode : Vivre et penser librement - La grande librairie

La colline qui travaille Philippe Manevy

Le bruit d'un téléphone, l'odeur de l'eau de Javel, le goût d'un nescafé... Philippe Manevy tire le fil du souvenir et tisse l'étoffe d'un roman familial sur quatre générations en commençant justement par le personnage d'Alice, sa grand-mère maternelle, tisseuse de métier. Pointilleuse et déterminée, elle devint la figure de proue d'un mouvement ouvrier au lendemain de la victoire du Front Populaire. Très vite, René, son époux, fait son apparition dans le récit. Ancien sportif, il fut un typographe possiblement engagé, avec d'autres héros de l'ombre, dans un acte spectaculaire de résistance. Tous deux parents dévoués de Martine, ils seront prêts à tout pour assurer le futur de leur fille studieuse et appliquée. Chaque chapitre met en lumière un membre de la famille aux prises avec les épreuves que lui réservent son époque et l'existence. Apparaissent progressivement des liens entre eux et des échos que l'auteur consigne ici, sans rien cacher des doutes qui surgissent au fil de son travail d'écriture. Et l'on traverse ainsi deux guerres mondiales, des crises économiques, les Trente glorieuses, les espoirs et les désillusions du XXème siècle. Déclaration d'amour et hommage vibrant à la classe ouvrière, La colline qui travaille revigore le genre de la chronique familiale et offre au lecteur un sentiment de réconfort et de douce nostalgie.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre et penser librement - La grande librairie

Nuit blanche Bernard-Henri Lévy

Au fil de cinq chapitres entrecoupés eux-mêmes de fragments, comme autant d’éclats d’un temps suspendu, circulaire, où se perd la notion même du temps, voici le bestiaire de la nuit d’un insomniaque qui laisse s’écouler, à ciel ouvert, le flux de conscience de ses pensées, rêveries, souvenirs, portraits, cauchemars éveillés, associations d’idées cocasses, poétiques ou graves.L’homme ne parvient plus à dormir : parce qu’il « en a trop vu » ? Parce qu’il hait le sommeil ou le redoute comme la mort ? Parce qu’il ne supporte pas de ne plus être en contrôle ? Parce que ce temps perdu pourrait mieux être mis à profit pour d’autres « recherches » ? Parce qu’il est devenu l’esclave d’un cocktail de somnifères qui tue en lui la faculté du rêve ?Ceux qui croient connaitre la caricature publique du personnage « BHL » seront surpris par cet autoportrait d’une vie intérieure en ébullition où se consigne méticuleusement le jaillissement d’un inconscient qui ne tarit jamais.L’humour succède à l’intensité, la gravité à la dérision, le sens du tragique à la légèreté et la rage à l’auto-ironie. Jamais l’auteur n’avait fait preuve d’un tel « lâcher-prise », matière et manière confondues, ni n’avait livré autant de détails intimes sur ce qui a fait de lui ce qu’il est devenu. Enfance, amis, amours, présence des morts, obsession du Livre et des livres, échos du passé qui ne passe pas dans le présent le plus brûlant, tels sont les thèmes qui traversent ce récit.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre et penser librement - La grande librairie

L'Inventaire des nuages Franco Faggiani

Les déambulations nostalgiques d'un marchand de cheveux dans les Alpes italiennes Orphelin de père, Giacomo est élevé par son grand-père dans les montagnes du Piémont. En 1915, quand l'Italie entre en guerre, le jeune homme échappe à la conscription en raison d'une infirmité. Il est alors formé à un art délicat : la collecte des cheveux destinés à la confection de perruques. Pour devenir un caviè digne de son grand-père, ce n'est pas seulement la chevelure des femmes que recueille Giacomo, mais aussi leur histoire et celle d'un monde en voie de disparition. Cette singulière moisson qui guide ses pas à travers les sentiers alpins lui révèle peu à peu les vertus de la patience et de l'enracinement. Retraçant au gré des saisons les itinéraires secrets des ramasseurs de cheveux, Franco Faggiani compose une ode magnifique à ces petites gens aux destins aussi grands que les montagnes qui les ont enfantés.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre et penser librement - La grande librairie

Le Bord du monde est vertical Simon Parcot

Au cœur de la Vallée des glaces, une cordée de deux chiens, une femme et trois hommes affronte une tempête de neige pour rejoindre le Reculoir, l’ultime hameau avant le Bord du monde, cette gigantesque montagne dont nul n’a pu voir le sommet. Initialement dépêchée pour une mission de routine, l’équipée découvre que son chef a un autre dessein. Embrasé par le prêche du père Salomon, un mystique abreuvé de brûle-gorge qui dit connaître le moyen de s’élever jusqu’au sommet de la montagne, Gaspard a décidé de tenter la grande Ascension. Fraîchement recruté, le jeune Solal devra suivre son mentor dans sa quête d’absolu ou écrire son propre destin.

Ce remarquable premier roman, à la croisée du récit d’alpinisme et du conte philosophique, marque le début de l’ascension d’un écrivain qui semble être déjà au sommet de son art. Madame Figaro.Une fascinante quête métaphysique d’une grande pureté formelle.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre et penser librement - La grande librairie

L'eau du bain Rim Battal

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre et penser librement - La grande librairie

Les Vivants et les Morts, vingt ans plus tard Gérard Mordillat

« Elle plisse les yeux, fait quelques pas sur le quai et s’arrête. Personne ne l’attend. Comment pourrait-il en être autrement ? Après la fermeture de la Kos, l’usine où elle travaillait, Dallas avait juré de ne jamais remettre les pieds à Raussel. Vingt ans plus tard, la mort de son père l’y contraint. En ville, tout a changé. Property, un entrepôt de vente en ligne, a remplacé la Kos ; la mairie est passée à l’extrême droite ; le cinéma, les cafés, les commerces ont fermé. Depuis que leur fille a disparu, Dallas et Rudi vivent chacun de leur côté, hantés par les mille questions qui les tourmentent. Ève est-elle vivante ? Est-elle morte ? Tant qu’ils ne l’auront pas retrouvée, qu’ils n’auront pas percé le secret de sa disparition – de tout ce qui a disparu –, l’amour ne pourra renaître entre eux. Alors ils se battent et ne renoncent à rien, « à jamais différents de ceux pourvus de tout ». Contemporain, violent, romantique, Les Vivants et les Morts, vingt ans plus tard résonne comme un coup de hache contre la porte du temps.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre et penser librement - La grande librairie

J'emporterai le feu Leïla Slimani

"Mehdi se sécha, enfila un tee-shirt propre et un pantalon de toile, et il chercha au fond de sa sacoche le livre qu'il avait acheté pour sa fille. Il poserait sa main sur son épaule, il lui sourirait et lui ordonnerait de ne jamais se retourner. “Mia, va-t'en et ne rentre pas. Ces histoires de racines, ce n'est rien d'autre qu'une manière de te clouer au sol, alors peu importent le passé, la maison, les objets, les souvenirs. Allume un grand incendie et emporte le feu.”" Enfants de la troisième génération de la famille Belhaj, Mia et Inès sont nées dans les années 1980. Comme leur grand-mère Mathilde, leur mère Aïcha ou leur tante Selma, elles cherchent à être libres chacune à sa façon, dans l'exil ou dans la solitude. Il leur faudra se faire une place, apprendre de nouveaux codes, affronter les préjugés, le racisme parfois. Leïla Slimani achève ici de façon splendide la trilogie du Pays des autres, fresque familiale emportée par une poésie vigoureuse et un souffle d'une grande puissance.

Recommandé par : Augustin Trapenard (et aussi par Rebecca Manzoni)

Episode : Vivre et penser librement - La grande librairie

Permettez-moi de palpiter Pauline Picot

50 poèmes de Pauline Picot, fragments autobiographiques qui sont aussi des relevés du quotidien de celles et ceux qui l'entourent.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre malgré tout - La grande librairie

Les étoiles s'éteignent à l'aube Richard Wagamese

Franklin Starlight a tout juste seize ans lorsqu’Eldon, son père ravagé par l’alcool, le convoque à son chevet. Il lui demande de l’accompagner loin dans les montagnes, là où on enterre les guerriers. Commence pour les deux hommes un voyage d’initiation et de résilience dans le cœur sauvage de la Colombie-Britannique.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre malgré tout - La grande librairie

Nul ennemi comme un frère Frédéric Paulin

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre malgré tout - La grande librairie

Vers la joie Laurence Tardieu

Laurence Tardieu voit la vie par la lumière qui l'éclaire. Pourtant, l'ombre a menacé. Il y a eu le temps du combat, lorsque la mort a manqué d'emporter son fils. Puis, un à un, les jours à nouveau s'égrènent. Mais ça ne ressemble à rien de ce qu'on s'était figuré. Ce que Laurence Tardieu apprend, elle le partage, car l'écriture seule nous rend intelligible ce qui advient. Touchés au coeur par ce texte solaire, où le présent prend un sens inédit, on chemine à ses côtés – vers la joie.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre malgré tout - La grande librairie

Vivre tout bas Jeanne Benameur

Entre vagues et falaises, comme née du paysage, une femme apparaît au bord de la mer, portée par un chagrin plus grand qu’elle. Le livre raconte sa prise d’élan vers une autre version d’elle-même, une évasion : Marie, mère et sainte, s’affranchit ici doucement mais sûrement de l’iconographie qui la fige. Et de la liturgie qui lui coupe la parole. Elle se découvre aussi, à la rencontre des autres, de ceux – proches ou lointains, présents ou futurs – qui ne laisseront pas de traces ailleurs que dans la mémoire des vivants. Le roman comme un affût.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre malgré tout - La grande librairie

La longe Sarah Jollien-Fardel

Tous les matins, au réveil, Rose, la narratrice du puissant deuxième roman de Sarah Jollien-Fardel, lutte pour ne pas être assaillie par la réalité crue, dans cette chambre aux parois boisées où elle vit désormais attachée par une longe. Rose est devenue folle de douleur au moment où, trois ans auparavant, des policiers sont venus lui annoncer la mort de sa petite fille, Anna. Cette douleur, elle n’est pas parvenue à la surmonter, au point de devenir un danger pour elle et pour les autres, au point de demeurer attachée et recluse.La vie était joyeuse, avant l’accident. Rose se souvient de son enfance dans un village de montagne, rythmée par la phrase inscrite sur une poutre du bistrot de sa grand-mère adorée : « Tu es d’une espèce qui aime la lumière et déteste la nuit et les ténèbres ». Son amitié immédiate avec Camil, le petit garçon qui venait passer ses vacances sur les hauteurs, devenu bien plus tard son mari et son indéfectible soutien ; leurs lectures et leurs promenades au cœur d’une nature somptueuse ; la naissance de leur enfant ; leurs métiers qu’ils aiment, lui est architecte, elle ostéopathe. Une vie apparemment sans histoires, dans laquelle Rose, ressassant le passé, traque les failles, elle qui ne s’est jamais remise de la mort longtemps inexpliquée de sa propre mère, le jour de sa première communion. Elle qui est également rongée par le remords de n’avoir pas désiré vraiment l’arrivée d’Anna.Les souvenirs de Rose vont peu à peu, dans une narration haletante, nous révéler les circonstances de l’accident, et celles de sa propre réclusion. Mais, le jour où Rose, percevant soudain une présence inconnue derrière sa porte close, entend filtrer à travers la paroi des phrases extraites d’un livre de Marguerite Duras, nous, lecteurs, avons l’intuition que la lumière pourrait gagner…Sarah Jollien-Fardel, par la manière dont elle choisit de sauver d’elle-même son personnage, nous offre un magnifique dénouement, à l’aune de son magistral portrait de femme.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre malgré tout - La grande librairie

Et personne ne sait Philippe Forest

Au milieu du siècle dernier, à New York, un jeune peintre désespère de sa vie et de son talent. Un soir de Noël, tandis que la neige tombe sur la ville, il fait la mystérieuse rencontre d'une enfant, étrangement seule au milieu du parc qui occupe le centre de la cité. Elle lui chante une chanson dont les paroles disent : D'où je viens Personne ne le sait. Où je vais Tout s'en va. Le vent se lève, La vague déferle, Et personne ne sait. De cette enfant, de cette femme, de cette enfant devenue femme, le peintre va faire le portrait. S'agit-il d'un fantôme ou bien d'un fantasme ? Sort-elle d'un songe ou alors d'un souvenir ? Où passe la frontière qui sépare le rêve de la réalité et la vérité de la fiction ? À quelle histoire appartiennent les personnages que peint l'artiste ? D'un livre d'autrefois et du film qui en fut adapté, Philippe Forest tire la matière de son nouveau roman. De tableau en tableau, celui-ci prend l'allure singulière et enchantée d'une sorte de conte d'hiver et puis d'été avec lequel l'auteur prolonge et poursuit son oeuvre. Personne sans doute, pas même lui, ne sait ce que signifie la mélancolique et féerique idylle qu'elle raconte mais chaque lecteur, depuis presque trente ans, y retrouve un peu du récit de sa vie.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Vivre malgré tout - La grande librairie

Trésor caché Pascal Quignard

Une femme perd son chat. En l'enterrant dans son jardin, elle met au jour un trésor. Elle voyage. Elle rencontre un homme en Italie. En l'espace d'un an, sa vie est entièrement transformée. 

« J'avais sept ans. J'ai toujours pressenti qu'une douleur lumineuse me toucherait un jour. Je savais que cette douleur inexplicable proviendrait de cette heure où tout, quand j'étais petite, s'était perdu. Il y avait une sorte de neige à la fin de mon enfance qui tombait en silence. Tout devait sortir du fond du monde comme le soleil sort de la nuit. »

Recommandé par : Augustin Trapenard (et aussi par Rebecca Manzoni)

Episode : Vivre malgré tout - La grande librairie

La pêche au petit brochet Juhani Karila

À Vuopio, en Laponie orientale, Elina a trois jours et trois nuits pour pêcher le seul et unique brochet de l'Étang du Pieu. Si elle échoue, elle sera condamnée. Or, un cruel génie des eaux règne sur les lieux. Elina n'a d'autre choix que de pactiser avec les dangereuses forces surnaturelles des marais. Pendant ce temps, l'inspectrice Janatuinen enquête sur un meurtre étrange qui la mène à Elina. Avec l'aide d'excentriques locaux, les deux femmes devront s'associer pour survivre. La pêche au petit brochet, roman virtuose et drolatique, renouvelle la délicieuse folie qui a fait le succès de la littérature finlandaise.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les livres de la rentrée d’hiver - La grande librairie

Sweet Harmony Claire North

Londres. Bientôt. Jeune et belle, Harmony Meads est promise à un avenir radieux. Sa carrière d'agence immobilière pour yuppies file vers les sommets, et le couple qu'elle forme avec Jiannis fait sensation dans les soirées les plus courues de la City. Pourtant, Harmony a un problème. a Sur le menton. Juste un petit bouton. Pas méchant, trois fois rien, mais bien là. Or, ce bouton est une impossibilité. Ses nombreux abonnements à Fullife, son fournisseur de santé, assurent le parfait réglage de ses nanos, et sa kyrielle d'extensions - Dermédat, Réveil en Beauté, Fraîche et Guillerette, Fini le Dentiste, Puissant Maintien, Prenez le Contrôle - garantissent à Harmony l'éclat d'une jeunesse insolante, et une efficience maximum en toutes circonstances. Certes. Mais alors, ce bouton ? Ne pourrait-il pas s'avérer un symptôme ? Car être la meilleure version de soi-même a un prix. Un prix élevé, à vrai dire... Pour Harmony Meads, il se pourrait que l'heure de s'en acquitter ait sonné.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les livres de la rentrée d’hiver - La grande librairie

La Rivière Laura Vinogradova

Dix ans après la disparition de sa soeur et toujours hantée par les souvenirs de son enfance malheureuse, Ruta s’enfuit – d’une vie confortable, de la ville, de son travail, de son mari et surtout d’elle-même – dans la maison héritée de son père. Elle découvre les secrets de cet homme qu’elle n’a jamais connu, apprend à vivre simplement, et tisse des liens avec ses voisins. Parviendra-t-elle à comprendre son passé et à apprécier son présent ?

Écrit dans un langage volontairement simple, ce roman aborde des questions complexes : la quête de sa place et de son épanouissement dans la vie. C’est un récit universel sur l’acceptation de soi et des autres.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les livres de la rentrée d’hiver - La grande librairie

Il n'a jamais été trop tard Lola Lafon

Ce livre est une histoire en cours. Celle d'un hier si proche et d'un demain qui tremble un peu. Ce présent qui bouscule, malmène, comment l'habiter, dans quel sens s'en saisir ? Comme il est étroit, cet interstice-là, entre hier et demain, dans lequel l'actualité nous regarde. Elle reflète le monde, mais aussi des évènements minuscules en nous, des souvenirs, des questions, des inquiétudes. Ces pages ne sont pas le lieu d'un territoire conquis, d'un terrain marqué de certitudes. Ce livre est l'histoire de ce qui nous traverse, une histoire qu'on conjuguerait à tous les singuliers.

Augustin Trapenard : C'est à partir des mots de son père que Lola Lafon s'interroge. Son nouveau livre, Il n'a jamais été trop tard, est un journal de bord sensible et politique des derniers mois écoulés. Le récit d'une expérience partagée et la célébration aussi de l'imperfection de nos vies.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les livres de la rentrée d’hiver - La grande librairie

Après Dieu Richard Malka

Une nuit. Le Panthéon pour enceinte d’un dialogue entre Richard Malka, incroyant bien décidé à rire encore de Dieu, en guerre contre le « respect » nouvellement dû aux religions, et Voltaire, le plus irrévérencieux philosophe des Lumières, défenseur de Calas et du Chevalier de la Barre. Sont-ils d’accord sur tout ? Pas tout à fait. Disciple de Robert Badinter et Georges Kiejman, l’avocat évoque les attentats, les morts, son histoire familiale, sa répulsion envers le prosélytisme et les enfermements communautaires. Surtout, il pose à Voltaire la question qui l’a mené au Panthéon. Par quoi remplacer Dieu ?

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les livres de la rentrée d’hiver - La grande librairie

Charlie Liberté - Le journal de leur vie Collectif

Cabu, Elsa Cayat, Charb, Honoré, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Tignous, Wolinski, nous manquent. On nous les a enlevés, un matin de janvier 2015. Ils étaient dessinateurs, journaliste psychanalyste, correcteur et universitaire. Ils collaboraient à Charlie Hebdo, journal satirique créé en 1970, disparu en 1982 puis reparu en 1992. On a beaucoup écrit pour comprendre les raisons qui avaient poussé les deux terroristes islamistes à venir les massacrer dans les locaux du journal pour lequel ils s'étaient tant battus. Alors qu'il y a tellement de choses beaucoup plus intéressantes à raconter sur le parcours de nos amis et leur détermination à faire vivre ce journal. Ce livre veut rendre justice à leur créativité et à leur sensibilité. Ce jour-là, c'est vraiment la stupidité et la vulgarité qui ont assassiné l'intelligence et le talent. La barbarie ne sait rien faire d'autre que détruire l'esprit car c'est le seul moyen pour elle de briser le miroir qui pourrait lui renvoyer l'image misérable de ce qu'elle est. Cabu, Elsa Cayat, Charb, Honoré, Bernard Maris, Mustapha Ourrad, Tignous, Wolinski, ont voulu toute leur vie rire et ridiculiser cette barbarie. On a pu croire que ce matin du 7 janvier 2015, ils avaient perdu ce combat. Pas du tout : dix ans après, ce sont eux qui ont triomphé. Charlie Hebdo est toujours là, bien vivant, tout aussi déterminé à poursuivre leur lutte, par le dessin et par la plume. Ce livre laisse entrevoir l'étendue de leur parcours et espère qu'il donnera aux plus jeunes le goût et la force de marcher sur leurs pas. Simon Fieschi, aussi, nous manque. Grièvement blessé le 7 janvier 2015, il a lutté pendant dix ans contre les séquelles de l'attentat, tout en continuant de se battre pour les valeurs de Charlie Hebdo. Il nous a quitté en octobre.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les livres de la rentrée d’hiver - La grande librairie

Nos insomnies Clothilde Salelles

Comme toutes les familles, nous avions un secret. Ce secret, c'était que la nuit, nous ne dormions pas." Dans un village de l'Essonne, à la fin des années 1990, une petite fille grandit au sein d'une famille en apparence sans histoires. Pourtant, elle perçoit confusément une menace. Il y a d'abord ce secret familial bien gardé, ces insomnies qui rendent les journées électriques. Il y a ces mots redoutables - lotissement, couloir aérien - qui résonnent comme de mauvais augures. Et puis il y a le père, irascible et distant, qui demeure un mystère pour la fillette. À mesure que les mois passent, le huis clos familial se fait oppressant. Jusqu'à ce qu'un drame survienne, que personne ne nomme... Ressuscitant le monde de l'enfance et son inquiétante étrangeté, Clothilde Salelles explore dans Nos insomnies la question du tabou et le pouvoir ambivalent des mots, destructeurs et salutaires.

Augustin Trapenard : Et puis un premier roman qu'on a beaucoup aimé cette rentrée, il y en a toujours un dans La grande librairie. Nos insomnies de Clotilde Salelles, un livre déchirant sur le monde de l'enfance, sur le pouvoir incantatoire des mots, et puis sur la figure mystérieuse du père, encore et toujours le père.

Recommandé par : Augustin Trapenard

Episode : Les livres de la rentrée d’hiver - La grande librairie

L'hospitalité au démon Constantin Alexandrakis

Peu après la naissance de sa fille, "le Père" se voit rattrapé par des souvenirs d'attouchements subis dans l'enfance. Pour conjurer sa peur de la répétition, il ambitionne de cartographier le "Grand Continent des Violences Sexuelles". Cette traversée périlleuse, entre farce et cauchemar, durera six ans. Dans un Danemark imaginaire, Constantin Alexandrakis sonde d'une façon iconoclaste un ressenti masculin face aux " abus de position dominante ", sans se laisser réduire à un point de vue victimaire. Avoir le courage d'aller dans ce sens-là, du côté où il n'y a pas d'éclairage, du côté où on n'a pas trop envie de vous accompagner, qui peut l'avoir ? Qui peut l'avoir sinon les inconscients, les fous, les poètes, les braves. Puisqu'il s'agit de cela, braver, affronter les démons. Ceux du dehors et ceux du dedans.

Augustin Trapenard : Lui aussi interroge la manière dont les démons du passé ressurgissent lorsqu'on devient parent à son tour. Dans un deuxième ouvrage d'inspiration autobiographique virtuose et sans concession qui s'appelle L'hospitalité au démon, Constantin Alexandrakis se confronte aux abus qu'il a subis dans son enfance et conjure sa peur de la répétition.

Recommandé par : Augustin Trapenard (et aussi par Rebecca Manzoni)

Episode : Les livres de la rentrée d’hiver - La grande librairie

Safari Sabri Louatah

"Il faut être deux pour jouer à cache-cache." Voilà ce qu'entend le narrateur en recouvrant ses esprits après qu'il a cru perdre son fils de quatre ans dans la serre tropicale de Chicago où ils se promenaient. Cette voix qui lui parle, c'est celle de Gabriel, le jeune homme qui a retrouvé son petit garçon. Mais c'est aussi exactement la voix de son père, disparu sans laisser de trace il y a bientôt vingt ans. Hasard ? Hallucination ? Pour le découvrir, le narrateur cherche à se lier d'amitié avec Gabriel jusqu'à l'obsession et enregistre sa voix à son insu. Pour la première fois depuis deux décennies, sur fond de fêtes de Noël, entre sa mère fantasque et sa femme psy, des souvenirs précis de son père, sujet tabou dans la famille, lui reviennent. Mais l'énigme de sa disparition se remet alors à brûler au centre de sa vie, menaçant de tout embraser. Avec Safari, Sabri Louatah signe un roman "américain", à la fois haletant et existentiel, sur la paternité et la présence envahissante dans nos vies de ceux qui nous ont quittés.

Augustin Trapenard : À quoi peut mener des années plus tard l'absence d'un père ? Pour son sixième livre, intitulé Safari, l'écrivain et scénariste Sabri Louatah, dont vous vous souvenez peut-être de la saga Les Sauvages, raconte l'histoire troublante d'un homme qui croit un jour entendre chez un inconnu la voix de son géniteur disparu vingt ans plus tôt.

Recommandé par : Augustin Trapenard (et aussi par Rebecca Manzoni)

Episode : Les livres de la rentrée d’hiver - La grande librairie

Patronyme Vanessa Springora

Attendue sur le plateau de La Grande Librairie pour parler de son livre, Le Consentement, l’autrice est appelée par la police pour venir reconnaître le corps sans vie de son père, qu’elle n’a pas revu depuis dix ans. Dans l’appartement de banlieue parisienne où il vivait, et qui fut jadis celui de ses grands-parents, elle est confrontée à la matérialisation de la folie de cet homme toxique, mythomane et misanthrope, devenu pour elle un étranger. Tandis qu’elle s’interroge, tout en vidant les lieux, sur sa personnalité énigmatique, elle tombe avec effroi sur deux photos de jeunesse de son grand-père paternel, portant les insignes nazis. La version familiale d’un citoyen tchèque enrôlé de force dans l’armée allemande après l’invasion de son pays par le Reich, puis déserteur caché en France par celle qui allait devenir sa femme, et travaillant pour les Américains à la Libération avant de devenir « réfugié privilégié » en tant que dissident du régime communiste, serait-elle mensongère ?

C’est le début d’une traque obsessionnelle pour comprendre qui était ce grand-père dont elle porte le nom d’emprunt, quelle était sa véritable identité, et de quelle manière il a pu, ou non, « consentir », voire collaborer activement, à la barbarie. Au fil de recherches qui s’étendront sur deux années, s’appuyant sur les documents familiaux et les archives tchèques, allemandes et françaises, elle part en quête de témoins, qu’elle retrouvera en Moravie, pour recomposer le puzzle d’un itinéraire plausible, auquel il manquera toujours des pièces. Comment en serait-il autrement dans une Tchécoslovaquie qui a changé cinq fois de frontières, de nationalité, de régime, prise en tenaille entre les deux totalitarismes du XXème siècle ? À travers le parcours accidenté d’un jeune homme pris dans la tourmente de l’Histoire, c’est toute la tragédie du XXème siècle qui ressurgit, au moment où la guerre qui fait rage sur notre continent ravive à la fois la mémoire du passé et la crainte d’un avenir de sauvagerie.

Dans ce texte kaléidoscopique, alternant fiction et analyse, récit de voyage, légendes familiales, versions alternatives et compagnonnage avec Kafka, Gombrowicz, Zweig et Kundera, Vanessa Springora questionne le roman de ses origines, les péripéties de son nom de famille et la mythologie des figures masculines de son enfance, dans une tentative d’élucidation de leurs destins contrariés. Éclairant l’existence de son père, et la sienne, à l’aune de ses découvertes, elle livre une réflexion sur le caractère implacable de la généalogie et la puissance dévastatrice du non-dit.

Augustin Trapenard : Cinq ans après la déflagration, près d'un demi-million d'exemplaires de son premier livre, Le consentement, récit de l'emprise exercé sur elle par l'écrivain Gabriel Matzneff et dont les répercussions se lisent aujourd'hui jusque dans la loi. Vanessa Springora fait événement avec Patronyme. Elle y explore ce qui se cache derrière son nom dans une enquête édifiante sur son père et sur son grand-père, que reçoit-on en héritage, qu'on le veuille ou non.

Recommandé par : Augustin Trapenard (et aussi par Rebecca Manzoni)

Episode : Les livres de la rentrée d’hiver - La grande librairie

Augustin Trapenard apparait dans les épisodes suivants :

La grande librairie diffusé le 02/04/2025

La parole aux femmes

La grande librairie diffusé le 26/03/2025

Science, poésie et roman

La grande librairie diffusé le 12/03/2025

Le Quart d'heure national de lecture

La grande librairie diffusé le 06/03/2025

Heurs et malheurs du sentiment amoureux

La grande librairie diffusé le 26/02/2025

Et si on retrouvait notre regard d'enfant ?

La grande librairie diffusé le 19/02/2025

Que peuvent les mots dans un monde qui tremble ?

La grande librairie diffusé le 12/02/2025

Peux-ton encore se parler ?

La grande librairie diffusé le 05/02/2025

Les perdants magnifiques

La grande librairie diffusé le 29/01/2025

Le souvenir

La grande librairie diffusé le 22/01/2025

Vivre et penser librement

La grande librairie diffusé le 15/01/2025

Vivre malgré tout

La grande librairie diffusé le 08/01/2025

Les livres de la rentrée d’hiver

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