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Les misérables

Victor Hugo

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"L'avenir arrivera-t-il ? il semble qu'on peut presque se faire cette question quand on voit tant d'ombre terrible. Sombre face-à-face des égoïstes et des misérables. Chez les égoïstes, les préjugés, les ténèbres de l'éducation riche, l'appétit croissant par l'enivrement, un étourdissement de prospérité qui assourdit, la crainte de souffrir qui, dans quelques-uns, va jusqu'à l'aversion des souffrants, une satisfaction implacable, le moi si enflé qu'il ferme l'âme ; - chez les misérables, la convoitise, l'envie, la haine de voir les autres jouir, les profondes secousses de la bête humaine vers les assouvissements, les coeurs pleins de brume, la tristesse, le besoin, la fatalité, l'ignorance impure et simple. Faut-il continuer de lever les yeux vers le ciel ? le point lumineux qu'on y distingue est-il de ceux qui s'éteignent ? L'idéal est effrayant à voir ainsi perdu dans les profondeurs, petit, isolé, imperceptible, brillant, mais entouré de toutes ces grandes menaces noires monstrueusement amoncelées autour de lui ; pourtant pas plus en danger qu'une étoile dans les gueules des nuages." IVᵉ partie, livre 7, chap. IV.

Ce qu'en disent les invités

« Je suis très ému par la bonté que dégage ce texte. Je trouve vraiment très touchant d'être capable de générosité à ce point, d'empathie, de désintérêt pour soi-même, de sauver l'autre comme le fait l’abbé. Je suis musulman, mais je fais mon bout de chemin, comme tout le monde et dans la religion musulmane, on nous parle des hassanates, c'est ce qu'on gagne à faire le bien, les bonnes actions. Ce n'est pas ma vision de comptabiliser les bonnes actions comme un compte en banque qui se remplit. Ce qui m’émeut, c'est quand on essaie de faire le bien pour le bien, en étant le plus à l’écart possible de la bonne action. »

« La phrase finale de ce passage est très intéressante. Il y est dit que s’il faut pleureur sur les enfants, il faut plutôt pleurer du côté sur les petits du peuple parce qu'il y a plus longtemps qu'ils souffrent. Il parle donc de l'égalité entre les enfants, mais s'il faut choisir, il faut pencher du côté du martyr et donc de celui qui souffre le plus depuis le plus longtemps. J’ai choisi de relire ce texte, parce qu'il est d'une actualité dingue. »

« Les misérables, de Victor Hugo, parce que ça vous donne une charpente littéraire, politique, intellectuelle, et que c'est pas du tout un livre chiant. En fait, c'est ce genre de livres qui sont au programme, à l'école, et donc on se dit qu'ils sont pas faits pour nous, et en fait c'est des livres merveilleux à découvrir par soi-même et à s'approprier. »

« C’est de là que j'ai tiré cette phrase "Étonner la catastrophe par le peu de peur qu’elle nous fait". C'est un magnifique livre justement sur l'âme française et notre capacité à nous révolter face aux injustices. »

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