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Livres recommandés par Nancy Huston

Nancy Huston a recommandé 4 livres dans 1 épisodes.

Inceste : Journal inédit et non expurgé des années 1932-1934 Anaïs Nin

"En écrivant ce journal, le plus cruel de tous les documents [à] je me venge de tous mes sacrifices, de mes mensonges héroïques, de mes actes de charité, de compassion, de mes indulgences [à] tous ceux à qui j'ai épargné la vérité, je les anéantis ici même."
Voici enfin la version intégrale d'un ouvrage dont Henry Miller, dans son enthousiasme de premier lecteur, affirmait qu'"il prendrait place à côté des révélations de saint Augustin, de Pétrone, d'Abélard, de Rousseau, de Proust"
Voici surtout Vénus Erotica telle qu'en elle-même, superbement impudique dans la description de ses rapports multiformes avec les hommes : amour passionné avec Miller, amour tendresse avec l'époux, amour rêvé avec Artaud, amour consommé avec le pèreà la transgression ultime qui va jeter Anaïs, en quête d'une sorte d'absolution, dans les bras d'un nouvel amant/psychanalyste, Otto Rank.
Comme le premier tome du Journal déjà publié (et si fortement censuré par l'auteur), ce volume, qui couvre les années 1932-1934, s'achève sur la maternité avortée : on y apprend enfin l'identité du père de cette petite fille mort-née que sa mère n'avait jamais désirée, y voyant un obstacle à la seule création qui lui importait : la littérature.
Née à Paris en 1903, Anaïs Nin est morte à Los Angeles en 1977. Toute son oeuvre, essentiellement autobiographique, est publiée aux Editions Stock.

Nancy Huston : Quand j'étais jeune, Anaïs Nin n'était pas une de mes autrices de prédilection comme, par exemple, Virginia Woolf et je n'ai toujours pas lu ses œuvres complètes. Depuis, j'ai été amenée à préfacer ses œuvres de jeunesse, du coup, j'ai travaillé sur son journal et notamment sur son enfance et j'ai commencé à concevoir beaucoup plus d'admiration pour elle. Puis, je suis tombée sur cet extrait du journal, et c'est l'un des textes les plus hallucinants que j'ai lu dans ma vie.

Recommandé par : Nancy Huston

Episode : Dans la bibliothèque de Nancy Huston - Le Book Club

Femmes qui courent avec les loups Clarissa Pinkola Estés

Chaque femme porte en elle une force naturelle, instinctive, riche de dons créateurs et d'un savoir immémorial. Mais la société et la culture ont trop souvent muselé cette « Femme sauvage », afin de la faire entrer dans le moule réducteur des rôles assignés. Psychanalyste et conteuse, fascinée par les mythes et les légendes, auteur également du Jardinier de l'éden, Clarissa Pinkola Estés nous propose de retrouver cette part enfouie, pleine de vitalité et de générosité, vibrante, donneuse de vie. A travers des « fouilles psycho-archéologiques » des ruines de l'inconscient féminin, en faisant appel aux traditions et aux représentations les plus diverses, de la Vierge Marie à Vénus, de Barbe-Bleue à la petite marchande d'allumettes, elle ouvre la route et démontre qu'il ne tient qu'à chacune de retrouver en elle la Femme sauvage.
Best-seller aux Etats-Unis, ce livre exceptionnel est destiné à faire date dans l'évolution contemporaine de l'identité féminine.

Nancy Huston : Ce que j'aime dans ce texte, c'est qu'il fait l'éloge de la force féminine à laquelle nous avons été amenés à renoncer dans tant de civilisations. Il nous rebranche avec autre chose à travers l'analyse de plusieurs contes. L'autrice est née aux États-Unis, mais elle est d'origine mexicaine et elle a aussi des ascendances hongroises, donc elle analyse des contes de différentes origines, parfois des contes amérindiens, parfois des contes beaucoup plus connus, qui viennent de la tradition des frères Grimm, mais elle a une approche très originale qui nous fait comprendre qu'on peut être tous les personnages à la fois et qu'on peut changer de place.

Recommandé par : Nancy Huston

Episode : Dans la bibliothèque de Nancy Huston - Le Book Club

L'art de la joie Goliarda Sapienza

« Le vent de ses yeux m’emporte vers lui, et même si mon corps immobile résiste, ma main se retourne pour rencontrer sa paume. Dans le cercle de lumière la vie de ma main se perd dans la sienne et je ferme les yeux. Il me soulève de terre, et dans des gestes connus l’enchantement de mes sens ressuscite, réveillant à la joie mes nerfs et mes veines. Je ne m’étais pas trompée, la Mort me surveille à distance, mais juste pour me mettre à l’épreuve. Il faut que j’accepte le danger, si seul ce danger a le pouvoir de rendre vie à mes sens, mais avec calme, sans tremblements d’enfance. »Dix ans après sa première parution en France, dans une traduction entièrement revue et conforme à l'édition italienne, la nouvelle édition du chef-d'œuvre de Goliarda Sapienza.« Plus qu'un événement littéraire, un événement existentiel. »

Nancy Huston : Goliarda Sapienza voulait tout et n'a pas sacrifié une chose pour une autre. Elle était très politisée, connaissait très bien la psychanalyse, elle avait des amants, des amantes, des enfants et des petits-enfants . Dans ce livre, elle raconte une version distanciée de sa biographie, et à travers ce récit, elle raconte l'histoire de l'Italie, la montée du fascisme, la guerre, et la façon dont c'est vécu à l'intérieur d'une famille, au sein d'un village, d'une culture et d'une psyché individuelle. C'est vraiment un de mes livres préférés, et c'est véritablement un chef-d'œuvre.

William Lebghil : Ce texte est incroyable, il est à la fois transgressif beau et très spirituel. J’y trouve des similitudes avec Siddhartha, même s’il fait près de 900 pages et que celui d’Hermann Hesse en fait 130. Et puis, j’aime l’histoire de ce livre, qui a été écrit par Goliarda Sapienza en 1976, et édité en français en 2005 seulement. C’est dire à quel point il a posé problème.

Recommandé par : Nancy Huston (et aussi par William Lebghil, Augustin Trapenard, Augustin Trapenard)

Episode : Dans la bibliothèque de Nancy Huston - Le Book Club

La vie devant soi Romain Gary (Émile Ajar)

Signé Ajar, ce roman reçut le prix Goncourt en 1975. Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que " ça ne pardonne pas " et parce qu'il n'est " pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur ". Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son " trou juif ", elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré " des peuples à disposer d'eux-mêmes " qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

Nancy Huston : Romain Gary était très bien placé pour savoir que l'identité est une construction, c'est un récit, c'est l'histoire qu'on a besoin de se raconter, on a besoin de s'identifier effectivement, à la différence de tous les autres animaux. On a besoin d'une niche identitaire, de pouvoir dire nous avec quelqu'un et ça crée toutes les joies et toutes les misères de notre espèce.

Delphine Horvilleur : J'adore Gary parce qu'il a un humour face à la tragédie qui est extraordinaire. Donc, je l'offre très souvent, La vie devant soi par exemple, un livre magique sur la sagesse de l'enfance.

Ambre Chalumeau : Aujourd’hui, on parle de La Vie devant soi, de Romain Gary ! Un livre absolument unique. Déjà, par son histoire, celle de la plus grande supercherie des lettres françaises… Ensuite par son auteur, homme du siècle aux milles vies, et à l’œuvre majeure. Et enfin par son contenu : une écriture incroyable, un des rares livres qui magnifie le fait d’avoir un narrateur enfant ; un regard lumineux sur le monde, drôle et bouleversant, qui fait repenser toute la société ; un propos sur les identités, une leçon d’humanisme ; un héros attachant et un personnage féminin comme on en a jamais lu d’autre ; et pour finir, une des plus belles histoires d’amour de toute la Littérature.

Haroun : Un livre que je recommande aussi qui est pour moi aussi important dans le contexte actuel c'est "La vie devant soi" Romain Gary parce que c'est un livre qui est... que j'ai lu où là je me suis remis en question sur mon écriture, je me suis dit "il faut vraiment que je bosse là" et si je le relis je me repose à cette question là mais donc Romain Gary pour moi c'est un auteur majeur et "La vie devant soi" c'est une œuvre majeure sur l'amitié qui peut y avoir entre les gens, peu importe quelle que soit leur culture, quelle que soit leur passé, c'est l'amitié entre une ancienne prostituée juive et un orphelin d'origine arabe et là dedans tu mets les conflits géopolitiques qui sont en cours et à quel point cette amitié est forte.
Et ce livre, j'étais triste de l'avoir terminé parce que la fin, la fin et... j'ai pleuré à la fin. Et ça fait ressortir tellement de choses de ce qu'on a en nous. Bref, il faut pas que j'y pense à ce livre, mais que je le relise pour m'émanciper de toutes ces émotions. Je le conseille de le lire par rapport à ce qui se passe en ce moment.

Recommandé par : Nancy Huston (et aussi par Delphine Horvilleur, Ambre Chalumeau, François Busnel, Haroun, François Busnel, Jérôme Idelon)

Episode : Dans la bibliothèque de Nancy Huston - Le Book Club

Nancy Huston apparait dans les épisodes suivants :

Le Book Club diffusé le 19/06/2026

Dans la bibliothèque de Nancy Huston

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