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Dans la bibliothèque de Leïla Slimani - Le Book Club

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Livres recommandés dans cet épisode :

L'Oeil le plus bleu

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Toni Morrison

Les raisins de la colère

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John Steinbeck

Discours de Suède

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Albert Camus

L'ignorance

L'ignorance
Milan Kundera

La Mort d'Ivan Ilitch / Maître et serviteur / Trois morts

La Mort d'Ivan Ilitch / Maître et serviteur / Trois morts
Léon Tolstoï

L'Oeil le plus bleu : Ce que j'aime chez Toni Morrison, et elle le dit souvent, c'est qu'elle a une écriture pornographique, c'est-à-dire que même dans des scènes qui ne sont pas des scènes de sexe, le corps est totalement présent. J'aime sa façon de raconter le corps, ce corps noir qu'on traîne avec soi et qu'on a l'impression de porter comme un poids, parce qu'il est regardé méchamment, humilié, battu et violé, même à l'intérieur de la famille. Leïla Slimani

Les raisins de la colère : Je trouve que c'est l'un des livres les plus humains qui existent. Il est d'une universalité incroyable, quand on pense, à ce que vivent les immigrés qui sont sur les routes, à ce que vivent les gens qui doivent quitter leur maison, parce qu'ils ont perdu leur emploi. Il raconte une histoire qui est à l'origine de ce qu'on vit aujourd'hui, de ce que le capitalisme peut faire de plus violent, de plus cruel, de plus déshumanisant. En même temps, il ne perd pas espoir, mais il appelle à une forme de vigilance. Leïla Slimani

Discours de Suède : J'ai lu tous les livres d'Albert Camus, puis j'ai découvert l'homme derrière les livres grâce à sa correspondance et ses carnets. Un homme rempli de doutes, de déchirures, un homme qui avait du mal, du mal à tout : à être connu, à être célèbre, à être un résistant, à être d'Algérie et de France. Jean-Paul Sartre disait de lui qu'il était "trop dans la retenue". Camus me fait souvent penser à cette phrase de l'Apocalypse qui me hante : "Dieu vomit les tièdes, tu n'es ni glacial ni brûlant et je te vomirai par ma bouche", et crois que je me suis toujours située dans cette tribu-là, la tribu des tièdes, des hésitants et des nuancés. Leïla Slimani

L'ignorance : Milan Kundera occupe une place particulière pour moi, parce que c'est aussi un immigré, quelqu'un qui vit à une certaine époque dans un pays où il n'est pas libre, où il n'a ni liberté d'expression, ni liberté de mouvement. Il va devoir quitter son pays et préférer sa liberté, et d'ailleurs, il a dit : "J'ai préféré ma liberté à mes racines." Je le considère comme une sorte de figure tutélaire, anti-nostalgique. Il pense que la nostalgie est un fantasme lyrique, une manière de se repaître de scénarios qu'on se raconte sur le passé, sur le pays qu'on a quitté. Leïla Slimani

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