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Discours de Suède Albert Camus

On aura peut-être été un peu surpris de voir dans ces discours l'accent porté par Camus sur la défense de l'art et la liberté de l'artiste en même temps que sur la solidarité qui s'impose à lui. Cela faisait certes partie de ce qui lui dictaient les circonstances et le milieu où il devait les prononcer, mais il est certain que Camus se sentait accablé par une situation où, selon ses propres paroles, "le silence même prend un sens redoutable. A partir du moment où l'abstention elle-même est considérée comme un choix, puni ou loué comme tel, l'artiste, qu'il le veuille ou non, est embarqué. Embarqué me paraît ici plus juste qu'engagé". Et malgré une certaine éloquence -qu'on lui reprochait également- il se sentait profondément concerné et douloureusement atteint par un conflit qui le touchait jusque dans sa chair et dans ses affections les plus enracinées.

Leïla Slimani : J'ai lu tous les livres d'Albert Camus, puis j'ai découvert l'homme derrière les livres grâce à sa correspondance et ses carnets. Un homme rempli de doutes, de déchirures, un homme qui avait du mal, du mal à tout : à être connu, à être célèbre, à être un résistant, à être d'Algérie et de France. Jean-Paul Sartre disait de lui qu'il était "trop dans la retenue". Camus me fait souvent penser à cette phrase de l'Apocalypse qui me hante : "Dieu vomit les tièdes, tu n'es ni glacial ni brûlant et je te vomirai par ma bouche", et crois que je me suis toujours située dans cette tribu-là, la tribu des tièdes, des hésitants et des nuancés.

Ce livre est recommandé par : Leïla Slimani

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