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Jean-Louis Bourlanges

30 livres recommandés dans 28 épisodes, de octobre 2024 à septembre 2026.

La puissance au XXIe siècleDernière recommandationLa puissance au XXIe sièclePierre Buhler · 6 septembre 2026

2026

12 livres
  • La puissance au XXIe siècle

    La puissance au XXIe siècle

    Pierre Buhler

    Le nouvel esprit public · Édouard Balladur et la Ve République - Les crises climatiques et la carte de l’influence mondiale

    « Cette réédition augmentée et remaniée est l’œuvre d’un diplomate chevronné et d’un intellectuel éclairé. Dans cette nouvelle édition préfacée par Hubert Védrine, Pierre Buhler analyse les mécaniques et la nature de la puissance, ses métamorphoses, sa diversification et surtout l’intensification des enjeux de puissance dans nos sociétés. »
  • Les Frères d'Astier de La Vigerie, Français libres

    Les Frères d'Astier de La Vigerie, Français libres

    Emmanuel Rondeau

    Le nouvel esprit public · Choose France ou Loose France ? - IA : l’Europe peut-elle ne plus dépendre des USA ?

    « J’ai beaucoup aimé ce livre publié chez Taillandier l’an dernier par Emmanuel Rondeau, petit-fils de l’un des frères d’Astier de La Vigerie. Il retrace le destin fascinant de trois frères très différents, mais tous trois compagnons de la Libération, ce qui est déjà exceptionnel. Henri, venu de l’Action française, joue un rôle important dans l’opération Torch et dans l’élimination de l’amiral Darlan ; François est un héros de l’aviation de la Première Guerre mondiale ; Emmanuel, ministre de l’Intérieur du Gouvernement provisoire, suivra ensuite une trajectoire plus singulière. À travers cette fratrie d’aristocrates anticonformistes, le livre montre une vérité essentielle : la France libre fut d’abord une aventure portée par des personnalités improbables, des individus isolés, des « moutons à cinq pattes ». C’est aussi ce que montre très bien la première partie du film consacré à de Gaulle, malgré des bandes-annonces qui en donnent une image totalement trompeuse. Ce qui m’a frappé, dans le livre comme dans le film, c’est la manière dont la Résistance apparaît d’abord comme l’œuvre de femmes et d’hommes seuls, capables de prendre des décisions extraordinaires dans des circonstances exceptionnelles. »
  • Comment naquit la guerre de 14

    Comment naquit la guerre de 14

    Alfred Fabre-Luce

    Le nouvel esprit public · L’encyclique du pape

    « Ces temps-ci, je suis plongé dans des travaux ayant trait à l’entre-deux-guerres et à la guerre froide, et cela m’a conduit vers un ouvrage d’histoire que je n’avais jamais lu, Comment naquit la guerre de 1914 d’Alfred Fabre-Luce, préfacé par Georges-Henri Soutou. Ce livre m’a beaucoup intéressé parce qu’il prend résolument le contre-pied d’une certaine tradition historiographique française en réexaminant les responsabilités du déclenchement de la guerre et en soulignant, avec un relativisme stimulant, le rôle central de la Russie — et, à mes yeux, celui de l’Allemagne — là où la thèse contemporaine des « somnambules » tend davantage à diluer les responsabilités. L’ouvrage devient encore plus passionnant lorsqu’il aborde l’après-guerre et livre une critique sévère de la politique française d’occupation de la Ruhr, montrant comment la France n’a pas su transformer intelligemment sa victoire ni saisir les ouvertures apparues avec Stresemann. Fabre-Luce me paraît se tromper lorsqu’il voit dans Munich une ultime victoire de la sécurité collective, et sans doute sous-estime-t-il aussi le poids décisif de l’état-major prussien, mais précisément ces erreurs et ces partis pris rendent sa lecture féconde. Au fond, ce livre invite à réfléchir à une question qui demeure actuelle : il n’y a pas d’ordre européen durable sans communauté de valeurs démocratiques, et c’est peut-être là la leçon historique la plus importante. »
  • Il est toujours plus tard qu'on ne croit

    Il est toujours plus tard qu'on ne croit

    Antoine Veil

    Le nouvel esprit public · Les accointances du Medef avec le RN - Le retrait des troupes américaines d’Allemagne

    « Ces chroniques m’ont touché par ce qu’elles révèlent d’une famille dont l’histoire intime se confond avec une part essentielle de notre mémoire collective. À travers la figure d’Antoine Veil, à laquelle je reste personnellement très attaché, se dessine un parcours fait de discrétion, d’engagement et d’une forme d’élégance dans l’effacement, au service d’une femme dont le destin public fut exceptionnel. La disparition récente de Pierre-François Veil, président de la fondation pour la mémoire de la Shoah, m’a rappelé combien cette lignée a su incarner à la fois la fidélité à une mémoire, et une capacité à intervenir avec mesure dans les débats contemporains. Ce livre prolonge cette impression d’une continuité entre les générations, faite de retenue, d’intelligence et d’un sens profond de l’intérêt général. »
  • Le Régime iranien à livre ouvert

    Le Régime iranien à livre ouvert

    Camille Alexandre

    Le nouvel esprit public · Le modèle social français est-il soutenable ? - Ukraine, guerre oubliée

    « Ce qui a retenu mon attention cette semaine, c’est ce livre signé Camille Alexandre, dont l’identité reste mystérieuse, peut-être celle d’un diplomate. L’ouvrage propose une analyse très documentée, claire et décapante de la République islamique iranienne, en explorant ses fondements théologiques et politiques, ce mélange complexe de religion, de révolution, d’autoritarisme et de nationalisme que nous peinons à comprendre. Sa lecture est précieuse parce qu’elle éclaire des questions que nous nous posons quotidiennement, dans un contexte où même les grandes puissances semblent parfois dépassées par la nature de cet adversaire. »
  • Tableau historique de la France : La formation des courants politiques de 1789 à nos jours

    Tableau historique de la France : La formation des courants politiques de 1789 à nos jours

    Hervé Le Bras

    Le nouvel esprit public · Les municipales : quels enseignements ? - Nouveau choc pétrolier : quelles conséquences ?

    « Face aux évolutions électorales récentes, j’ai eu envie de revenir à des éléments plus structurels en relisant l’ouvrage d’Hervé Le Bras, qui propose une lecture très riche des dynamiques politiques françaises. Il s’inscrit dans une tradition qui va d’André Siegfried à Lévi-Strauss ou Foucault, en mettant en avant des structures profondes — géologie, peuplement, héritage, religion — qui façonnent durablement les comportements politiques. Mais ce qui fait l’intérêt du livre, c’est qu’il ne s’en tient pas à une simple morphologie : il introduit une réflexion sur la morphogenèse, c’est-à-dire sur la manière dont l’événement vient perturber, transformer et recomposer ces structures. Il en ressort une dialectique très éclairante entre le terrain, qui encadre et limite, et l’événement, qui bouscule et reconfigure, permettant de mieux comprendre la formation et l’évolution des courants politiques en France. »
  • Les Lumières sombres : Comprendre la pensée néoréactionnaire

    Les Lumières sombres : Comprendre la pensée néoréactionnaire

    Arnaud Miranda

    Le nouvel esprit public · La relation franco-allemande - Quelle doctrine militaire pour les Européens ?

    « Ce livre d’Arnaud Miranda éclaire une idéologie encore peu connue mais déjà influente : celle des néoréactionnaires anglo-américains, qui se revendiquent à la fois post-libéraux et antidémocratiques. À travers l’analyse d’auteurs comme Curtis Yarvin ou Nick Land, il met au jour une pensée structurée vautour du refus de l’égalité, d’une exaltation de la violence et d’une vision de la liberté réduite au pouvoir des forts sur les faibles, le tout adossé à la révolution technologique. L’ouvrage montre aussi comment ces idées sont relayées par certains acteurs majeurs de la finance et de la tech, et leur rôle dans l’arrière-plan idéologique du trumpisme. La lecture est saisissante, tant elle donne la mesure d’une radicalité inquiétante, même si l’incohérence du personnage politique qui s’en inspire laisse planer une part d’incertitude sur sa traduction concrète. »
  • La Commune : La guerre civile des Français

    La Commune : La guerre civile des Français

    Michel Winock

    Le nouvel esprit public · Entre l’Ukraine et l’Iran, la guerre a-t-elle changé de nature ?

    « À l’approche du 155ème anniversaire du début de la Commune de Paris, ce livre m’a paru essentiel pour comprendre comment Paris a basculé dans la guerre civile. Michel Winock, historien et écrivain bien connu de nos auditeurs, raconte cet épisode avec une élégance confondante, mêlant plaisir de lecture et inquiétude face à une histoire sombre. Il replace la Commune dans le contexte des conflits français, en montrant la rupture entre le parlement et le mouvement ouvrier, l’accentuation de la guerre des religions et la cécité sociale de la république opportuniste. Contrairement aux interprétations marxistes ou léninistes qui y voient la préfiguration de la révolution bolchevique, Winock montre que la Commune s’inscrit pleinement dans l’histoire française et constitue plutôt, comme disait François Furet, l’adieu de la révolution à l’histoire. »
  • Qui contrôle qui ? : Les nouveaux rapports de force mondiaux

    Qui contrôle qui ? : Les nouveaux rapports de force mondiaux

    Thomas Gomart

    Le nouvel esprit public · Après Munich, peut-on dire que la doctrine internationale de Trump a changé ? - Déclassement économique français : réalités, perceptions, perspectives

    « Thomas Gomart vient de publier son ouvrage annuel, que j’ai lu d’une traite. C’est un livre très utile, ne serait-ce que pour son appareil critique : une bibliographie immense — des centaines de titres — qui donne le vertige et témoigne d’un travail considérable. On y trouve une présentation extrêmement précise de la situation internationale contemporaine, avec des références nombreuses et des indications solides. Ce qui m’a particulièrement intéressé, c’est la construction en « couples » de puissances ou d’antagonistes : Vladimir Poutine–Volodymyr Zelensky, Ali Khamenei–Benjamin Netanyahou, Narendra Modi–Xi Jinping, et, plus inquiétant pour nous, Donald Trump–Ursula von der Leyen, où la disproportion saute aux yeux. Il ajoute deux autres couples plus inattendus et peut-être plus décisifs encore : le GIEC face à Fox News, montrant combien ces forces morales — ou parfois immorales — structurent un affrontement central que les forces politiques peinent à intégrer ; puis le Vatican face à la Silicon Valley, après l’arrivée d’un nouveau pape au Saint-Siège. Derrière ces oppositions se profile une question essentielle : celle de l’avenir de l’humanisme — et, pour dire les choses simplement, de l’humanité elle-même. »
  • Dictionnaire amoureux des Juifs de France

    Dictionnaire amoureux des Juifs de France

    Denis Olivennes

    Le nouvel esprit public · Notre dépendance vis-à-vis des États-Unis

    « Je voudrais recommander ce livre que vient de publier Denis Olivennes. Je le trouve précieux et admirable, parce qu’il est pénétré de l’amour réciproque entre les Juifs et la France — et, dans une période où les relations sont aigries, vindicatives, cette respiration fraternelle fait du bien. C’est un dictionnaire, donc on y circule d’entrée en entrée, et cela permet de saisir des nuances : l’opposition entre le philo-judaïsme intellectuel de Pascal et l’antisémitisme brutal de Bossuet, l’analyse de l’antisémitisme, les parallélismes subtils entre le sentiment de perdition des Juifs de France et celui d’autres marginalisations. Le point essentiel est que la France a été le pays qui a le plus tôt et le plus fortement intégré les Juifs dans la communauté politique. On réduit parfois la France à l’affaire Dreyfus pour y voir la preuve de l’antisémitisme ; j’y vois au contraire la force des principes républicains arrachant un capitaine juif à la fureur antisémite. Des figures comme Pierre Mendès France l’illustraient encore dans les années 1930. Ce livre communie dans cette relation positive entre judaïsme français et République ; il apporte apaisement, sérénité, confiance — une parole positive après tant de pessimisme. »
  • Cavalier du ciel

    Cavalier du ciel

    Jean Rousselot

    Le nouvel esprit public · À qui profite le 49.3 ? - De quoi le Groenland est-il l’enjeu ?

    « Je recommande ce livre très émouvant de Jean Rousselot, consacré à son grand-père Carlo de Rose, dont le fils, François de Rose, fut ensuite un diplomate extrêmement respecté. On y découvre un homme aux vertus remarquables : courage moral — il sacrifie sa carrière d’officier saint-cyrien pour ne pas forcer la porte d’une église lors des inventaires, ce qui lui vaut un conseil de guerre — patriotisme absolu — il meurt en 1916, en vol — et esprit d’innovation, puisqu’il comprend très tôt l’intérêt stratégique de l’aviation et invente véritablement l’aviation de chasse, contre une hiérarchie qui ne voulait en faire qu’un outil d’observation. Le livre restitue aussi la dimension intime et familiale, notamment à travers son épouse Madeleine. C’est le portrait d’un aristocrate français du début du XXᵉ siècle dont les qualités permettent de comprendre ce qui a rendu possible la résistance et l’indépendance du pays. »
  • Tocqueville

    Tocqueville

    Françoise Mélonio

    Le nouvel esprit public · Le grand vide des partis politiques - Où va la « doctrine Monroe » ?

    « Je voudrais rendre un hommage appuyé à la biographie que Françoise Mélonio consacre à Tocqueville. C’est un livre universitaire, très sérieux, mais qui rencontre un vrai succès de librairie, ce qui prouve qu’il existe encore dans ce pays une attente pour les valeurs que Tocqueville incarnait — et d’abord le goût de la liberté. Cette biographie est remarquable d’érudition, de précision et d’élégance, et elle restitue un Tocqueville profondément non-conformiste : non-conformiste politiquement, en rompant avec le milieu ultra pour s’orienter vers le libéralisme puis la démocratie ; non-conformiste dans sa vie personnelle, en épousant une femme ni jolie, ni riche, ni titrée, mal reçue en société, et ayant mauvais caractère, mais qu’il a choisie et à laquelle il est resté fidèle, imposant ce choix à sa famille. On y voit aussi la contradiction entre l’optimisme de sa pensée — il croyait à la conciliation possible de l’égalité et de la liberté — et la frustration de l’action politique, dans une époque où la réaction l’emporte. En somme, cette biographie fait apparaître un Tocqueville héros platonicien : sa vraie vie est dans les idées, tandis que sa vie concrète reste faite de difficultés et de déceptions. »

2025

13 livres
  • Alexandre Farnèse

    Alexandre Farnèse

    Olivier Poncet

    Le nouvel esprit public · Le nouveau rapport de force entre la Chine et l’Europe - Le bloc central s’effondre-t-il ?

    « Je voudrais recommander ce livre d’Olivier Poncé, qui vient de recevoir le prix Châteaubriand et que j’ai eu beaucoup de plaisir à défendre au sein du jury. C’est un ouvrage passionnant parce qu’il donne à voir une autre Europe que celle que nous regardons habituellement depuis la France : une Europe lorraine, italo-hispano-flamande, une Europe catholique structurée autour d’un ordre catholique, alors que notre histoire nationale s’est construite en résistance à la domination pontificale. C’est aussi une Europe peu favorable à la France : Farnèse n’a pas bonne presse chez nous parce qu’il a battu Henri IV et qu’il était du côté de la Ligue. Justement, ce décentrement est éclairant : on découvre une Europe d’une richesse politique et culturelle remarquable. Le livre décrit une époque trop oubliée. Nous sommes fascinés par les XVIIème et XVIIIème siècles, où nous étions en position de force ; ici, on découvre un XVIème siècle où nous sommes plus mal assurés, et où apparaissent des figures passionnantes comme Philippe II, beaucoup moins caricatural que ce que l’on croit. Enfin, la personnalité de Farnèse est extrêmement attachante. C’est un grand seigneur, petit-fils de pape et membre de la famille impériale, mais aussi un homme de culture, d’une grande noblesse morale, doté de vraies valeurs militaires, aimé de ses soldats comme des populations qu’il gouverne. C’est un véritable héros politique. Dans un monde où nous sommes trop souvent dirigés par une cohorte de voyous, il est réconfortant de lire le portrait d’un homme de qualité en action dans une Europe troublée. »
  • Waldeck-Rousseau - Sauver la République

    Waldeck-Rousseau - Sauver la République

    Christophe Bellon

    Le nouvel esprit public · Y a-t-il en France une gauche de gouvernement ? - L’Algérie et la France : entente impossible, rupture improbable

    « Je conseille chaleureusement ce livre de Christope Bellon, parce qu’il remet enfin en pleine lumière l’une des grandes figures oubliées de la Troisième République. Waldeck-Rousseau est, à mes yeux, un personnage absolument fondamental : l’idole de René Coty, une référence profonde pour Valéry Giscard d’Estaing, et pourtant un nom aujourd’hui presque effacé, ce qui en dit long sur notre rapport sélectif à l’histoire républicaine. Christophe Bellon, qui avait déjà signé un excellent ouvrage sur Aristide Briand, parvient ici à redonner à Waldeck-Rousseau sa juste stature, et même davantage : on découvre un homme peut-être plus subtil, plus moderne, plus intéressant à certains égards que Jules Ferry lui-même. On lui doit d’abord un geste décisif : avoir fait basculer la France dans le camp dreyfusard. Cela n’avait rien d’évident, tant l’opinion était divisée et tant le pouvoir pouvait être tenté de temporiser. Ensuite, parmi ceux qu’on appelait les « opportunistes » — un terme qu’ils revendiquaient mais qui ne rend pas justice à la profondeur de leur engagement — Waldeck-Rousseau est sans doute celui qui a été le plus audacieux sur les questions sociales. Il accorde une attention rare à ce que doit être une relation sociale équilibrée, respectueuse, et il devient le père de la grande loi de 1884 qui officialise les syndicats et le droit de grève. Émile Ollivier en avait préparé l’esprit, mais c’est Waldeck-Rousseau qui lui donne sa forme juridique définitive, et cette loi est l’un des piliers de notre ordre social contemporain. Enfin — et c’est peut-être ce qui me touche le plus — il développe une conception de la laïcité d’une grande ouverture, inspirée directement de Tocqueville. Il croit aux corps intermédiaires, aux associations, aux collectivités, bref à tout ce qui structure une société libre. Lorsqu’il fait voter la grande loi sur les associations, il tente dans le même mouvement de réintégrer les congrégations religieuses. C’est une position nuancée, intelligente, qui cherche le rassemblement plutôt que la confrontation. Il échoue, non par manque de conviction, mais parce qu’il se heurte à une majorité de plus en plus dominée par les radicaux, celle qui finira par porter Émile Combes au pouvoir. Quand il se retire, affaibli par la maladie et accablé par la tournure prise par les événements, ce n’est pas seulement un homme qui part : c’est une certaine idée de la modernisation républicaine, une idée ouverte, libérale, rassemblante. Voilà pourquoi ce livre me paraît si important. Il rend hommage à une figure qui nous a tant apporté, et dont nous aurions tout intérêt à nous souvenir davantage. »
  • Les musiciens et le pouvoir en France

    Les musiciens et le pouvoir en France

    Maryvonne de Saint Pulgent

    Le nouvel esprit public · Qu’attendent les Français des hommes politiques ?

    « À l’approche des fêtes, je recommande un beau livre, celui de Maryvonne de Saint-Pulgent, Les musiciens et le pouvoir en France, qui prouve qu’un livre peut être à la fois érudit et splendide. L’autrice, déjà connue pour son admirable histoire de Notre-Dame, y analyse avec une précision remarquable la relation entre la musique, le mécénat et l’État. Elle y met en lumière les différentes formes de patronage, du mécénat de Lully à celui de Boulez, et montre comment les régimes politiques influencent la création artistique. C’est une thèse fascinante : ce sont souvent les régimes autoritaires qui soutiennent le plus vigoureusement la musique. Mais quelle que soit le régime politique, il oriente la composition vers deux directions — une vocation élitiste, incarnée par Pierre Boulez et appuyée par plusieurs présidents successifs, et une vocation sociale, dans la lignée de Blum, Malraux ou Jack Lang, aujourd’hui dominante. Cette évolution, note-t-elle, a contribué à marginaliser la musique contemporaine. Ce lien entre le mode de mécénat et le contenu même de l’œuvre musicale est, à mes yeux, l’un des aspects les plus stimulants et originaux de ce livre remarquable. »
  • Il est toujours plus tard qu'on ne croit

    Il est toujours plus tard qu'on ne croit

    Antoine Veil

    Le nouvel esprit public · Le projet de budget de Lecornu - La sécurité européenne face aux menaces russes après Copenhague

    « Je voudrais évoquer un livre signé d’Antoine Veil et publié par son petit-fils Aurélien. Ce recueil réunit les chroniques que son grand-père a écrites tout au long de sa vie. J’y suis très attaché, car j’ai bien connu Antoine Veil — et il ne faut surtout pas le réduire au rôle de « mari de Madame ». Il s’amusait d’ailleurs lui-même de cette étiquette : le premier chapitre s’intitule « Le mari de Madame », et il racontait qu’il recevait parfois des invitations adressées à « Monsieur Simon Veil ». Je l’ai accompagné dans ses engagements européens, et j’ai pu mesurer son intelligence, son humour, mais aussi sa bienveillance. Lors d’une période difficile de ma vie, il a été d’un grand soutien. C’était un homme d’une très grande qualité humaine, un haut fonctionnaire brillant, Inspecteur des Finances, mais surtout un militant infatigable de la cause européenne, du rapprochement franco-allemand et, ce qui est devenu si rare, du dialogue entre les forces politiques. Il avait créé le club Vauban, où il réunissait chaque mois ce qu’il appelait « les partageux et les parcimonieux », autrement dit la gauche et la droite, pour discuter sereinement des grandes questions du pays, ce qui nous change de maintenant, où les gens discutent, dans une atmosphère pas du tout sereine, des petites affaires de leur boutique … »
  • Georges Marchais, ou la fin des Français rouges

    Georges Marchais, ou la fin des Français rouges

    Sophie Coeure

    Le nouvel esprit public · Lecornu et la quadrature du cercle

    « J’ai lu cette biographie de Georges Marchais, écrite par Sophie Coeuré, professeure à l’université Paris-Cité et spécialiste de l’Union soviétique. Après avoir longtemps travaillé sur les archives soviétiques, elle s’est tournée vers le chef de la « succursale française », analysant le système à travers Marchais plutôt que depuis Moscou. Le livre montre d’abord combien le mensonge initial sur la participation de Georges Marchais au STO a pesé sur toute sa carrière : il en a été culpabilisé, manipulé, et cela a façonné sa trajectoire. Il souligne aussi son insertion profonde dans le combat internationaliste dirigé par l’URSS. Ce qui me frappe en refermant cette biographie, c’est que, malgré l’importance de Marchais à son époque — les gens de ma génération ont tous en tête ses discours, ses gestes, son rôle de contemporain capital — il ne reste aujourd’hui plus rien de lui. »
  • L'Asie-Pacifique

    L'Asie-Pacifique

    Sophie Boisseau Du Rocher, Christian Lechervy

    Le nouvel esprit public · Situation des ex-partis dominants français - Guerre Israël-Iran

    « Je voudrais recommander ce livre de Sophie Boisseau du Rocher et Christian Lechervy. La première travaille à Sciences Po et à l’IFRI. Le second est un ancien ambassadeur, donc un homme de terrain. L’ouvrage est remarquable : bref, précis, extrêmement clair, qui nous met en face de nos responsabilités, et qui est aussi le miroir de notre irresponsabilité. Je crois qu’il montre parfaitement que l’Asie — pas seulement la Chine — mais l’ensemble des puissances pacifiques ont relevé le défi de l’Occident, sont en train d’inventer un nouveau mode d’existence, de valeurs, de croissance, et un modèle qui nous met totalement au défi. Quand on voit la médiocrité des débats politiques en France je pense que ce livre devrait être envoyé à l’ensemble des Français avant l’élection présidentielle. Car vous y trouvez en creux la feuille de route de ce que doivent faire la France et l’Europe. C’est vraiment le miroir des réalités, et pas du tout des fantasmes, des ressentiments, des émotions et des irresponsabilités qui ont cours depuis tant de mois en France. »
  • Europes : une histoire personnelle

    Europes : une histoire personnelle

    Timothy Garton Ash

    Le nouvel esprit public · Les défis intérieurs

    « Je voudrais signaler ce livre d’un éminent universitaire anglais, Timothy Garton Ash. L’auteur est né en 1955, il appartient à la même génération que moi, porte en lui toute l’histoire des soixante-dix dernières années, et il vit une double souffrance. D’un côté, il est britannique et profondément pro-européen, ce que son père n’était pas. Conservateur, très réservé vis-à-vis de la construction européenne, le père estimait appartenir à un pays qui, bien qu’européen par l’histoire et par la géographie, ne se vivait pas comme tel. Le Brexit a donc été, pour Timothy Garton Ash, un drame personnel, une immense douleur. En même temps, en tant qu’Européen convaincu, il ressent une autre forme de souffrance, que nous partageons tous aujourd’hui : l’extrême difficulté qu’a l’Europe — et je ne parle pas seulement de l’Union européenne, mais bien des peuples européens dans leur ensemble — à survivre, à exister, à peser d’un poids réel dans un monde qui tend à ignorer, voire à marginaliser notre continent. C’est cette double douleur qui traverse son livre. Mais ce qui le distingue, par exemple, de quelqu’un comme moi, c’est que moi, quand je parle d’Europe, je parle des institutions, de la place de la Commission … des sujets qui, pour tout dire, n’intéressent pas grand monde. Tandis que lui adopte une approche profondément personnelle. Il livre des témoignages. Il a tout vu, il est allé partout : en Pologne, dans les Balkans, dans tous les pays concernés. Il rencontre des gens, raconte ce qu’il observe. C’est une Europe charnelle. Le livre témoigne de cette formidable expérience européenne, dont je crains, hélas, qu’elle ne soit aujourd’hui sérieusement menacée par la violence du monde. »
  • La saga des élections présidentielles - De Charles de Gaulle à Emmanuel Macron

    La saga des élections présidentielles - De Charles de Gaulle à Emmanuel Macron

    Gérard Courtois

    Le nouvel esprit public · Tableau des forces politiques après la décision du Tribunal de Paris

    « C'est un livre que tous ceux qui veulent avoir une approche de ce qu'a été la République française au coursdes 60 ou 70 dernières années doivent lire. Il illustre par ailleurs une phrase que notre ami Max Gallo répétait souvent, à savoir que la seule loi en histoire, c'est la surprise. Or, quand on regarde les élections présidentielles depuis 1965, qui sont étudiées une par une par Gérard Courtois, on s'aperçoit que c'est toujours la surprise qui l’emporte. De Gaulle a été réélu, mais il a été mis enbalottage, c'était une surprise. Ensuite, c'était Poher qui était candidat ; c'est Pompidou qui a été élu. Puis, c'était Chaban qui était favori, c'est Giscard qui a été élu. Ensuite, c'était Giscard qui était favori, c'est Mitterrand qui a été élu. Ensuite, c'est Mitterrand qui a été réélu contre Barre et Chirac, et ainsi de suite. Et donc, c'est extraordinaire de voir, même si on critique l'élection du président de la République au suffrage universel, même si on met en cause les faiblesses de la Constitution de la Vème République, ce grand rendez-vous que les Françaisont avec leur système politique leur donne deux choses essentielles à la fois : le pouvoir de décider et la joie de la surprise. »
  • Notre homme à Washington : Trump dans la main des Russes

    Notre homme à Washington : Trump dans la main des Russes

    Régis Genté

    Le nouvel esprit public · La fin de l’OTAN et l’heure de la défense européenne ?

    « Pour prolonger notre conversation d’aujourd’hui, je vous recommande ce livre de Régis Genté. Il est court, très élégamment écrit, et il montre parfaitement la profondeur, l’intensité et l’ancienneté des liens entre le 47ème président des Etats-Unis et la Russie, qu’elle soit soviétique ou non. Ces liens remontent aux années 1970, ils ont été décisifs au moment d’aventures financières scabreuses et aléatoires de Donald Trump. Cela met en évidence une dissonance assez profonde entre la stratégie des Républicains de l’époque Reagan / Bush 1, et les positions de Trump. Est-il pour autant un agent ? Le livre montre bien à quel point il est parfaitement identifié et « choyé » par les services de renseignement russes. Traître ? Pas encore (c’est beaucoup plus récent), mais manifestement d’intelligence avec l’ennemi. Le livre met le doigt sur une chose qu’on a du mal à comprendre : comment les Républicains d’aujourd’hui peuvent-ils s’accommoder d’une rupture aussi totale avec les victoires de Reagan et de Bush senior ? Car s’il est une chose dont les présidents Républicains peuvent s’enorgueillir, c’est d’une victoire dans la guerre froide. Il semble que Trump tétanise le parti républicain, on se demande pour combien de temps. »
  • Le Déclin français est-il réversible ? Renverser la table et sortir de la servitude

    Le Déclin français est-il réversible ? Renverser la table et sortir de la servitude

    Jacques De Larosière

    Le nouvel esprit public · Politique intérieure et extérieure de Trump

    « Jacques de Larosière, formidable nonagénaire, doté d’une alacrité et d’une fraîcheur d’esprit tout à fait réjouissantes. Personnellement je me dis que le déclin français est réversible, à la condition d’être européen. Et malheureusement, il semble que de Larosière ne soit pas de cet avis. Il m’a gentiment dédicacé son livre, et il m’y dit : « Bourlanges a beaucoup fait pour l’Europe, et aujourd’hui, on peut s’interroger ». »
  • L'idée de gauche peut-elle encore faire sens ?

    L'idée de gauche peut-elle encore faire sens ?

    Michel Wieviorka

    Le nouvel esprit public · Politique intérieure et extérieure de Trump

    « Je vous recommande deux livres cette semaine. D’abord celui de Michel Wieviorka, mais comme je suis obligé d’aller vite, je vous résume la thèse de l’ouvrage, qui est aussi une réponse à la question du titre : non. »
  • L'entretien d'embauche au KGB

    L'entretien d'embauche au KGB

    Iegor Gran

    Le nouvel esprit public · De Barnier à Bayrou : un problème, deux réponses ? - La sécurité collective à l’heure du révisionnisme trumpiste

    « Churchill disait qu’en guerre, il arrivait toujours un moment où il fallait prendre en considération les intentions de l’adversaire. C’est pourquoi je vous recommande la lecture de ce livre de Iegor Gran. Il s’agit d’un document retrouvé dans des archives soviétiques, de la période Brejnev, décrivant toutes les méthodes et les attentes des autorités soviétiques concernant un agent. C’est évidemment un manuel de complet cynisme, puisque les ressorts sont la manipulation, le mensonge, la corruption, le meurtre … C’est cependant formidablement intéressant, parce que cela permet de cerner l’univers mental d’un officier supérieur du KGB de l’époque. Même quand cet officier supérieur devient par la suite le maître de toutes les Russies … »
  • Des mots et des actes : Les belles-lettres sous l'Occupation

    Des mots et des actes : Les belles-lettres sous l'Occupation

    Jérôme Garcin

    Le nouvel esprit public · L’héritage de Le Pen - Trump + Musk = ?

    « Je vous recommande ce livre de Jérôme Garcin, qui tente de répondre à la question de Proust (dans « contre contre Sainte-Beuve ») : une œuvre est-elle indépendante de la vie de l’auteur qui l’a produite ? Garcin a longtemps pensé que oui, mais a fini par changer d’avis, et dans ce livre il situe un ensemble d’écrivains dans l’histoire de l’Occupation, et c’est un festival, ou quelques héros côtoient des collaborateurs assez ignobles, comme Paul Morand ou Robert Brasillach … Doit-on pour autant ne plus les lire ? Je crois une non. De Gaulle avait raison de condamner Brasillach en tant que figure intellectuelle, en tant que chef, ayant entraîné dans son sillage nauséabond des milliers de gens. Mais quand ils ont du talent (et dans le cas de Morand c’est incontestable), il faut continuer de lire les écrivains, car comme le disait Blaise Pascal : « cela est d’un autre ordre ». »

2024

5 livres
  • Gouverner au centre : La politique que nous n'aimons pas

    Gouverner au centre : La politique que nous n'aimons pas

    Jean-Pierre Rioux

    Le nouvel esprit public · Le nouveau gouvernement et nos institutions - Syrie : une crise partout expliquée mais jamais prévue

    « La passation de pouvoir entre Michel Barnier et François Bayrou a été décalée de quelques heures, pour permettre à M. Bayrou de se rendre aux obsèques de Jean-Pierre Rioux. Ce dernier était l’un des rares historiens à avoir écrit sur le centre, et j’avais beaucoup de respect pour lui. Je me suis donc replongé dans ce livre, avec ce très bon sous-titre, qui décrit si bien la relation des Français avec le centre : « la politique que nous n’aimons pas ». Ce que montre Rioux, à travers les biographies de douze personnalités centrales (et pas seulement centristes) dans l’Histoire du pays, de Mirabeau à Macron, c’est à quel point les figures centristes ont joué un rôle important. La douzième figure est donc Macron, la onzième c’est Bayrou, et le sous-titre est amusant : « Sans Elysée ». Au-delà de la galerie de portraits, Rioux rappelle trois choses fondamentales pour le centre : la volonté de réconcilier, la subsidiarité de l’Etat (qui ne doit étouffer ni les collectivités territoriales, ni interdire des choses à l’échelon européen), et le respect de l’Etat de droit et des procédures de démocratie représentative. »
  • Les Derniers grands : Les Mémoires politiques de Michel Cotta

    Les Derniers grands : Les Mémoires politiques de Michel Cotta

    Michèle Cotta

    Le nouvel esprit public · Antisémitisme, drogue, sécurité, immigration : M. Retailleau est-il condamné aux imprécations ?

    « Michèle Cotta, grande journaliste, vient de publier ce livre, qui fait suite à « Ma cinquième », que je vous avais déjà recommandé il y a quelques temps. Ce tome couvre la période qui va de l’élection de François Mitterrand à la réélection de Chirac. Le titre est un peu particulier, car du point de vue des personnes physiques, Chirac était grand, et Mitterrand assez petit, alors que politiquement, c’est plutôt l’inverse. J’ai lu ce livre avec beaucoup de plaisir, non seulement parce qu’il retrace une période phare pour les gens de ma génération, mais aussi parce que ce qui caractérise Michèle Cotta, c’est qu’elle a manifestement des sympathies de gauche, et qu’elle sait pourtant rester d’une rigueur et d’une impartialité exemplaires à l’égard de tout le monde. Elle offre donc un regard extraordinairement équilibré sur la période. Elle reconnaît par exemple à quel point Mitterrand fut mesquin à l’égard de Michel Rocard, et elle analyse très bien la façon dont la candidature Balladur s’est effondrée après avoir été portée aux nues. »
  • Des idées nouvelles pour l'Europe : Avec les femmes et les hommes qui la font

    Des idées nouvelles pour l'Europe : Avec les femmes et les hommes qui la font

    Enrico Letta

    Le nouvel esprit public · L’élection et la situation des Etats-Unis - Conséquences pour l’Europe et la France

    « Le livre d’Enrico Letta, qui est une sorte de mise en perspective de son récent rapport. Letta apparaît dans tous les médias actuellement, et il me semble que lui et Mario Draghi pourraient être à l’origine d’un réveil de l‘Europe, si l’Europe avait l’idée de se réveiller un jour, ce qui n’est pas acquis … »
  • Jean Monnet et Charles de Gaulle: Destins croisés, oppositions et héritages

    Jean Monnet et Charles de Gaulle: Destins croisés, oppositions et héritages

    Eric Roussel, Laurent Warlouzet

    Le nouvel esprit public · L’élection et la situation des Etats-Unis - Conséquences pour l’Europe et la France

    « Ce livre collectif, réalisé sous la direction d’Eric Roussel et Laurent Warlouzet, préfacé par Michel Barnier. Très intéressant, car je me sens personnellement assez proche de Michel Barnier (un gaulliste qui a choisi l’Europe, pour le dire vite). Ici, on deux personnalités tout à fait antagonistes qui ont travaillé ensemble. »
  • Katherine Mansfield : Rester vivante à tout prix

    Katherine Mansfield : Rester vivante à tout prix

    Henriette Levillain

    Le nouvel esprit public · La gauche façon puzzle - Israël : ses responsabilités, ses adversaires, ses alliés

    « Henriette Levillain est universitaire, elle avait déjà écrit une thèse remarquable sur Saint-John Perse. Ici, elle signe une biographie de Katherine Mansfield. Cette romancière est essentiellement connue pour un seul livre, La Garden Party (bien qu’elle en ait écrit d’autres). Foudroyée à 35 ans par la tuberculose, ce portrait est aussi celui de l’Angleterre qui passe de la période edwardienne à la modernité. Virginia Wolf disait de Mansfield que c’était la seule personne dont elle était littérairement jalouse. Le livre est d’une infinie tristesse, il raconte une oscillation pathétique entre l’idéal et la sensualité, entre la souffrance et la mort, entre la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre et la France. Aussi intense que désespéré, mais très beau. »

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