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Livres recommandés par Clémentine Mélois

Porculus Arnold Lobel

Victime de la propreté excessive de la fermière, Porculus, le goret qui aime tant "la boue si douce" fait une fugue vers la ville... Le voilà, qui, croyant retrouver sa boue, s'embourbe dans le ciment !

Clémentine Mélois : J'adore cet album, il est absolument merveilleux. Je ne sais pas quand je l'ai découvert, ça faisait partie des livres que je lisais ou que mes sœurs me lisaient quand j'étais petite. J'aime beaucoup Arnold Lobel, son travail est à la fois poétique, charmant et délicieux. J'aime le fait que les dessins comptent beaucoup, ce ne sont pas des illustrations, ils arrivent en écho au texte et racontent en eux-mêmes quelque chose. Ce sont des livres qui rendent heureux.

Recommandé par : Clémentine Mélois

Episode : Dans la bibliothèque de Clémentine Mélois - Le Book Club

Le Seigneur des Anneaux John Ronald Reuel Tolkien

Une contrée paisible où vivent les Hobbits. Un anneau magique à la puissance infinie. Sauron, son créateur, prêt à dévaster le monde entier pour récupérer son bien. Frodon, jeune Hobbit, détenteur de l'Anneau malgré lui. Gandalf, le Magicien, venu avertir Frodon du danger. Et voilà déjà les Cavaliers Noirs qui approchent... 

C'est ainsi que tout commence en Terre du Milieu entre le Comté et Mordor. C'est ainsi que la plus grande légende est née.

Clémentine Mélois : Avec "Le Seigneur des anneaux", j'ai découvert un univers. Le texte est souvent réduit à de l'heroic fantasy parce qu'il y a des elfes, des trolls et des épées, mais en réalité, Tolkien a inventé une langue. Dans une interview, il a raconté avoir écrit ce livre uniquement pour que deux personnages, en se croisant, disent en elfique : "une étoile brille sur l'heure de notre rencontre." Pour que cette langue existe, il fallait qu'elle soit parlée, il a donc créé des personnages et tout un monde.

Willy Schraen : Parce que c'est un bouquin qui m'a vraiment fait rêver et je trouve que le mec qui a écrit ça, Tolkien, faut vraiment avoir un cerveau en ébullition ...

Jean-Michel Valantin : Parce que le Seigneur des anneaux c'est un livre qui pose la question de « Peut-on survivre au désenchantement du monde », c'est à dire au règne de la machine. Et qui est une question qui est posée avec beaucoup de profondeur et beaucoup de poésie dans une langue extraordinaire. Donc lire, relire le Seigneur des anneaux et le méditer.

Recommandé par : Clémentine Mélois (et aussi par Willy Schraen, Jean-Michel Valantin, François Busnel)

Episode : Dans la bibliothèque de Clémentine Mélois - Le Book Club

Méthodes Francis Ponge

"C'est de plain-pied que je voudrais qu'on entre dans ce que j'écris. Qu'on s'y trouve à l'aise. Qu'on y trouve tout simple. Et cependant que tout y soit neuf, inouï : uniment éclairé, un nouveau matin." On voit que Francis Ponge parle de son art. Mais, inévitablement, ce grand poète ne parle pas seulement de son art, mais de tout l'art, et en particulier de tous les problèmes qui se présentent à tous les artistes contemporains.

Clémentine Mélois : Francis Ponge fait partie de mes grandes amours et de mes grandes découvertes. J'ai choisi "Les méthodes" parce que, suite à la parution du "Parti pris des choses", on a demandé à Francis Ponge de parler de sa méthode créative et donc il a publié ce livre. C'est comme un journal dans lequel on le voit en train de construire le poème, de remanier les phrases, et c'est assez merveilleux. Il joue avec les mots, il cherche la façon la plus juste possible de décrire les choses, mais c'est un jeu et j'aime beaucoup cet état d'esprit.

Recommandé par : Clémentine Mélois

Episode : Dans la bibliothèque de Clémentine Mélois - Le Book Club

L'Infra-ordinaire Georges Perec

Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. Les journaux m’ennuient, ils ne m’apprennent rien. […] Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ? […] Peut-être s’agit-il de fonder enfin notre propre anthropologie : celle qui parlera de nous, qui ira chercher en nous ce que nous avons si longtemps pillé chez les autres. Non plus l’exotique, mais l’endotique.

Clémentine Mélois : J'ai découvert Georges Pérec par ces recueils de textes posthumes et non par ses romans. L'infra-ordinaire est pour moi un texte très important tout comme Espèces d'espaces et Penser, classer : ces trois recueils sont fondateurs de ma façon d'écrire et d'être au monde. J'aime cette attention portée, à la fois aux mots et aux petites choses.

Recommandé par : Clémentine Mélois

Episode : Dans la bibliothèque de Clémentine Mélois - Le Book Club

Les murs de Fresnes Henri Calet

De retour à Paris à la Libération, Henri Calet intègre, dès novembre 1944, la rédaction du journal Combat où il est chargé de décrire, dans des chroniques pleines d’humour et de tendresse, la réalité de l’après-guerre. Les Résistants de l’intérieur, les prisonniers revenant d’Allemagne, les soldats alliés, les réfugiés étrangers, les déportés, les enfants et la population anonyme sont les personnages de ces textes, dont la plupart ont été rassemblés dans Contre l’oubli. Avec l’humanité qui le caractérise, Calet raconte l’âpreté d’un quotidien marqué par les divisions, les rationnements, la xénophobie et la précarité sociale.

C’est en qualité de journaliste que Calet se rend, le 24 avril 1945, dans la prison de Fresnes afin d’y procéder au relevé des graffiti laissés par les prisonniers, résistants et militaires alliés, victimes de la répression nazie. Les Murs de Fresnes débute à l’extérieur de la prison, « A onze kilomètres de Paris », dans une mise en situation soulignant la proximité du drame et présentant l’intérieur d’un lieu qui se dérobe ordinairement aux regards. Le lecteur marche dans les pas de Calet, déambule d’une division à l’autre, pénètre dans les cachots, la salle de fouille et le quartier des femmes pour finalement arriver dans le cimetière où l’attend la tombe 347, identifiée comme étant celle de Bertie Albrecht, l’une des fondatrices de Combat.

Édifié pour rendre compte des voix des victimes, Les Murs de Fresnes ne s’attache pas seulement aux écrits muraux et s’intéresse à toute forme d’écriture ayant eu cours à l’intérieur de la prison. A la précarité des archives de la Résistance, à la diversité et à la fragilité de leurs supports (murs, livres, gamelles), Henri Calet oppose la rigueur des archives nazies dont il reproduit les glaçants fac-similés comportant la mention « NN » pour « Nacht und Nebel ». Convié dans un lieu qui se refuse ordinairement aux regards, le lecteur-visiteur est invité à observer des graffiti qui sont encore l’œuvre de vivants. Aussi, à la fin de la visite, Calet lui glisse-t-il un dernier conseil : « n’oubliez pas », conscient que le retour à la vie et au quotidien menace le souvenir de ces hommes et de ces femmes.

Clémentine Mélois : J'ai un grand amour pour Henri Calet, et pour ce livre en particulier. En 1945, à la fin de la guerre, il se rend à la prison de Fresnes, où étaient emprisonnés des résistants en instance de partance pour la déportation ou en attente d'être fusillés. Il a fait une sorte d'inventaire des graffitis que ses prisonniers avaient gravés sur les murs. C'est bouleversant et tragique, et là aussi, ça se joue encore sur des petites choses, parce qu'on peut avoir l'impression que les graffitis n'ont pas d'importance, alors qu'ils ont une importance capitale : ce sont des morceaux d'histoire. C'est un livre qui me bouleverse toujours de la même façon.

Recommandé par : Clémentine Mélois

Episode : Dans la bibliothèque de Clémentine Mélois - Le Book Club

Clémentine Mélois apparait dans les épisodes suivants :

Le Book Club diffusé le 24/04/2026

Dans la bibliothèque de Clémentine Mélois

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