Livres recommandés par Chassol
Le Jeu des perles de verre Hermann Hesse
« Qu’adviendrait-il si, un jour, la science, le sens du beau et celui du bien se fondaient en un concert harmonieux ? Qu’arriverait-il si cette synthèse devenait un merveilleux instrument de travail, une nouvelle algèbre, une chimie spirituelle qui permettrait de combiner, par exemple, des lois astronomiques avec une phrase de Bach et un verset de la Bible, pour en déduire de nouvelles notions qui serviraient à leur tour de tremplin à d’autres opérations de l’esprit ? »
Cette extraordinaire mathématique, c’est celle du jeu des perles de verre, que manie parfaitement Joseph Valet, héros fascinant et ludi magister jonglant avec tous les éléments de la culture humaine.
Récit d’anticipation, roman d’éducation intellectuelle et religieuse, utopie pessimiste, Le Jeu des perles de verre est une des plus amples et savantes constructions littéraires d’Hermann Hesse.
Chassol : J'ai découvert Hermann Hesse, comme tous les adolescents qui lisent les romans initiatiques, je pense que je suis tombé sur Siddhartha et que ça m'a bien plu. Ces livres, c'est toujours un peu la même chose, c'est le yin et le yang, c'est-à-dire l'opposition, mais aussi la terre, le ciel, le bien, le mal et tout ça, et quand on est ado, ça donne des directions. Donc une fois que j'ai lu Siddhartha, j'ai enchaîné avec Narcisse et Goldmund et Le loup des Steppes, parce que j'avais besoin d'avoir une espèce de guidance.
Felwine Sarr : Ce livre a été un véritable éblouissement, parce qu'il a rencontré chez moi plusieurs aspirations, l'aspiration à l'excellence de l'esprit, à l'aristocratie de l'esprit, et à toute cette réflexion sur la transmission qui a été centrale, quand j'ai décidé d'embrasser le métier d'enseignant, que j'ai réfléchi à la raison pour laquelle je voulais être l'enseignant, je rencontre ce texte d’Hermann Hess. Dans ce texte, il y a une réflexion sur l’aristocratie de l’esprit et ses limites, et finalement, sur ce que c’est que de transmettre.
Recommandé par : Chassol (et aussi par Felwine Sarr)
Plan B Chester Himes
Harlem brûle. Dans la chaleur étouffante des rues, une organisation secrète fait circuler des armes et précipite la ville dans un bain de sang. Une spirale de violence qui semble déborder sur le roman lui-même : Plan B, dernier ouvrage de Chester Himes, demeure inachevé. L'auteur, confronté à une impasse narrative et morale, aurait-il suspendu son geste ? Dans ce récit crépusculaire, ses détectives légendaires, Ed Cercueil et Fossoyeur Jones, ne sont plus que des ombres. Harlem, lui, devient le coeur battant du drame : un quartier miséreux et blessé, "cancer de l'Amérique", où se mêlent rage, humour fulgurant et instinct de survie. Écrit pendant l'essor du Black Power et au plus fort des luttes pour les droits civiques, Plan B résonne cruellement aujourd'hui. Himes y sonde la transmission de la violence, l'héritage de la ségrégation et la légitimité de la colère. Fable dystopique, pamphlet politique, roman dévasté : une oeuvre fulgurante qui prend sa part des combats pour la liberté, la justice et la dignité des vies noires.
Chassol : Chester Himes est un auteur noir américain qui m'a fasciné quand j'étais ado. En tant que jeune noir à Paris, ça donne des armes de lire des auteurs aussi radicaux, aussi énervés, aussi tranchants et aussi déplaisants aux bourgeois, ce que je suis pourtant devenu. Plan B est une projection hyperradicale de ce qui se passe quand il y a trop de violence, quand la violence institutionnelle structurelle est trop forte.
Recommandé par : Chassol
La Double Vie de Clark Gaybeul Édouard Karali
Aussi incroyable que cela puisse paraître, voici le vingt-troisième tome d'une saga qui a commencé avec Débiloff Profondikoum, il y a de cela quelques années, et qui est loin de s'achever si l'on en croît le succès mensuel d'Edika dans Fluide ! Depuis, il est devenu le maître incontesté de l'humour absurdo-déliro-déconno-dément, bref de l'humour EDIKA. En effet, il a réellement inventé un style où le texte se perd dans le blanc des marges, où les gags les plus fous figent les personnages sans des poses ahurissantes, où l'anecdote la plus banale devient une immense histoire sans fin... Avec Edika, on ne se rappelle pas toujours le titre des albums ou des histoires, mais on se souvient de scènes, d'images ou de répliques qu'on relit et qu'on se raconte, pour rire encore tellement c'est... Dans ce tome 23, nous revoilà aux prises avec la vie épique de la célèbre famille Bronsky affublée du non moins fameux chat Clark Gaybeul qui ne rate pas une occasion de provoquer des catastrophes inimaginables... sauf pour Edika, ou pour un lecteur de ses albums. Humour tonique, pour détendre les neurones et muscler les zygomatiques.
Chassol : En choisissant Edika, je n'ai pas voulu faire de la provocation, je l'ai choisi, parce que ça m'a toujours fait extrêmement rire et que mon nouvel album est sur le rire. Je voulais un peu partager ce qui me fait rire. Edika, c'est du dessin à gros nez, des caricatures, c'est très drôle et très bien dessiné malgré les apparences et c'est souvent extrêmement vulgaire, mais c'est surtout une façon de montrer l'hypocrisie des personnes qui dénoncent la vulgarité.
Recommandé par : Chassol
Fabienne Anouk Ricard
Cette suite de l’album Animan sera axée sur le personnage de Fabienne, grenouille et compagne de Francis, alias Animan. Qui est Fabienne, d’où vient-elle, comment se sont-ils rencontrés avec Francis ? Nous aurons les réponses à ces questions, nous pourrons également entrer dans l’intimité du couple. Il y aura des enquêtes comme dans le premier tome, avec des apparitions d’Objecto, l’ennemi juré d’Animan. La vie de Fabienne sera observée, grâce à l’écriture de son journal intime et sa relation aux réseaux sociaux comme échappatoires à sa vie recluse. Dans cet album aux dimensions plus modestes, on explore une autre facette de ce monde où situations étranges, amour des animaux, petites joies et déceptions du quotidien se côtoient.
Chassol : Anouck Ricard est une autrice de BD, qui est fantastiquement drôle, et qui plait aussi bien aux enfants qu'aux parents. Elle a un ton, une façon simple d'écrire et de dessiner, avec une très grande maîtrise, qui me fait mourir de rire.
Recommandé par : Chassol
Darwyne Colin Niel
Darwyne Massily, un garçon de dix ans, légèrement handicapé, vit à Bois Sec, un bidonville gagné sur la jungle infinie. Le centre de sa vie, c’est sa mère, Yolanda, une femme qui ne ressemble à nulle autre, la plus belle, la plus forte et la plus courageuse. Mais c’est compter sans les beaux-pères qui se succèdent régulièrement dans leur petit carbet. Justement, un nouvel homme vient s’installer : Jhonson, un vrai géant celui-là. Au même moment surgit Mathurine, une éducatrice de la protection de l’enfance. On lui a confié un signalement concernant le garçon. Une première évaluation a été conduite quelques mois auparavant par une collègue qui a quitté précipitamment la région.
Chassol : A priori, dans l'écrit, on n'a pas les sons, on se les fait dans notre tête, dans notre imaginaire, et c'est génial quand des écrivains arrivent à nous les faire entendre. Je trouve que c'est le cas avec Colin Niel, qui décrit très précisément des espèces, puisqu'il les connait et qu'il connait plus précisément leur chant. Ça me fait beaucoup penser à la partition polyphonique incroyable qu'il y a dans la nuit tropicale, avec les bruits de mini-grenouilles. C'est une partition électronique complètement tarée, avec des rythmiques minimalistes à la Steve Reich, mais aussi avec des polyrythmies, des décalages et tout ça se mêle au son de la mer.
Recommandé par : Chassol
Chassol apparait dans les épisodes suivants :
Le Book Club diffusé le 29/05/2026
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