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Livres recommandés par Françoise Vergès

Cartographie de la porte du non-retour : Carnets d'appartenance Dionne Brand

"La Porte du non-retour incarne cette fissure : ce lieu d'où nos ancêtres ont quitté un monde pour un autre ; le Vieux Monde pour le Nouveau. L'endroit où tous les noms ont été oubliés, tous les commencements redistribués. En un sens désespéré, c'est à la fois le lieu de naissance de la diaspora noire dans le Nouveau Monde et la fin des commencements que l'on peut retracer. [...] J'ai l'intention d'explorer ce lieu de naissance - la Porte du non-retour, un endroit vidé de tout commencement - en tant que lieu d'appartenance ou de désappartenance."

Françoise Vergès : Dionne Brand est une poète et autrice africaine-américaine, qui vient des Caraïbes et qui vit maintenant et enseigne au Canada. Dionne Brand est une femme admirable quand elle s'exprime, quand elle fait des conférences, c'est une beauté extraordinaire, elle a une capacité de faire une parole politique et poétique qui m'impressionne.

Recommandé par : Françoise Vergès

Episode : Dans la bibliothèque de Françoise Vergès - Le Book Club

Un peu profond ruisseau… Catherine Millot

La mort n'a jamais tenu une grande place dans ma vie consciente. Je n'y pense guère et m'en préoccupe encore moins. Mourir au dernier moment, comme disait Céline, avec le courage et la dignité que j'ai vus aux bêtes, avec leur simplicité, voilà ce que je souhaite.À l'adolescence, alors que je ne m'en souciais pas davantage, il m'arrivait toutefois de me réveiller en sursaut la nuit avec la pensée qu'il allait falloir mourir un jour. Puis ces réveils disparurent. Plus tard, je m'intéressai aux philosophies antiques qui tiennent la mort pour rien, auxquelles faisait écho ce vers de Mallarmé : "Un peu profond ruisseau calomnié la mort."J'ai récemment failli mourir du coronavirus.

Françoise Vergès : Catherine Millot est une psychanalyste, dont j’ai lu pas mal de livres. J’ai choisi celui-ci, parce qu’elle l’écrit après le Covid, qu’elle a attrapé et dont elle a failli mourir. Quand j’ai lu ce livre, j'avais été impressionnée par ce que j'avais appelé sa sagesse face à la possibilité de mourir. Pour mon travail, Je lis et j'ai lu beaucoup de livres sur la torture sur la disparition, beaucoup de témoignages aussi de personnes disparues au Chili, en Argentine ou ailleurs, mais, dans ce livre, il ne s’agissait pas d’une une situation de politique ou de répression, c'était la maladie peut vous emporter et j’ai trouvé cela très impressionnant qu'elle ait pu l'écrire.

Recommandé par : Françoise Vergès

Episode : Dans la bibliothèque de Françoise Vergès - Le Book Club

Celui qui revient Han Kang

« Lorsque vos yeux s’étaient croisés pour la dernière fois, tes paupières tremblaient, de désir de survivre. » Printemps 1980. Un vent de terreur souffle sur la Corée du Sud. Une junte militaire a pris le pouvoir quelques mois plus tôt et, après une spectaculaire manifestation d’opposants à Séoul, la ville de Gwangju se révolte à son tour, avant d’être férocement réprimée. Dans la ville ensanglantée, Tongho erre parmi les cadavres, à la recherche de son ami disparu. Dans une maison d’édition, Kim travaille sur un texte censuré. Dans le présent, des rescapés se souviennent. Et toutes ces âmes tourmentées ne demandent qu’à trouver la paix.

Françoise Vergès : J’ai choisi ce livre, parce que je suis intéressée par la question de la déshumanisation, de la manière dont les personnes sont désormais déshumanisées, et évidemment en ce moment, avec le génocide à Gaza, au Congo et au Soudan, cette question revient beaucoup. L’indifférence, l’absence de culpabilité, d’hésitation et cette capacité de se préserver de la responsabilité est toujours un peu surprenante, parce qu'on voudrait, qu’à un moment donné, les assassins aient, quand même, un petit moment de culpabilité, mais ce n’est pas le cas.

Recommandé par : Françoise Vergès

Episode : Dans la bibliothèque de Françoise Vergès - Le Book Club

Ô nuit, ô mes yeux : Le Caire / Beyrouth / Damas / Jérusalem Lamia Ziadé

Dans ce livre il y a les cabarets du Caire, les studios, villas, casinos du Caire, les maris, les amants, l'alcool, les somnifères, l'argent, les suicides, les brownings, les scandales, les palaces. Il y a le chant, la musique, la voix, les ovations, les triomphes, la gloire. Il y a l'audace, le génie, l'aventure, la tragédie. Il y a des poètes et des émirs, des danseuses, des banquiers, des officiers, des imams, des cheikhs, des actrices, des khawagates, des musiciens, des vamps, des noctambules, des révoltés, des sultans, des pachas, des beys, des espionnes, des prodiges, des rois d'Égypte et la cour. D'éminents journalistes, de célèbres compositeurs, des patronnes de clubs, des grands chambellans, des joueurs de oud. Il y a la petite paysanne du delta et la princesse druze, le fils du muezzin et le chanteur solitaire, la star juive et le colonel héroïque. Il y a Asmahan, Oum Kalthoum, Abdelwahab, Farid el Atrache, Samia Gamal, Leïla Mourad, Nour el Hoda, Sabah, Fayrouz, il y a les astres de l'Orient. Il y a la classe, le glamour, la touche, le style. Il y a l'amour, la passion, la haine, la vengeance. Il y a des verres et des cigarettes, des cartes à jouer, des jetons, des dés, des bijoux, des drapeaux, des corans. Il y a les cinémas de Beyrouth, les palais de Damas, les quais d'Alexandrie, les rues de Jérusalem, la cour de Bagdad. Il y a la radio, les disques, les micros, les caméras, les génériques, les néons, le rideau, l'orchestre, le concert, le public, la transe. Il y a la voix des Arabes. Il y a les grands hôtels, le Saint-Georges, le King David, l'Orient Palace, le Mena House. Il y a la chute de l'Empire ottoman et il y a la guerre en Palestine, il y a la prise du canal de Suez et la défaite de 1967, il y a un siècle au Proche-Orient.

Françoise Vergès : Dans ce livre, il y a toutes les grandes chanteuses et les grands chanteurs du monde arabe qui se produisent au Caire, à Beyrouth, à Damas et à Jérusalem du début du XXe siècle aux années 1970. Il s’agit d’un livre illustré qui raconte l’histoire de cette période. Ce sont des périodes de musique et de joie. Les gens dansent, sortent : je trouve cela vraiment formidable.

Recommandé par : Françoise Vergès

Episode : Dans la bibliothèque de Françoise Vergès - Le Book Club

Nous sommes encore en vie Safdar Ahmed

En 2011, l’artiste australien Safdar Ahmed se rend pour la première fois à Villawood, un centre de détention pour migrants à côté de Sydney. Frappé par la solitude et la détresse de celles et ceux qu’il croise là-bas, il décide d’y retourner, une fois par semaine pendant près de six ans, pour animer un atelier de dessin. Durant ces quelques heures de partage hebdomadaires, Safdar devient leur ami et confident, mais aussi le témoin du supplice qu’ils endurent. Récit à plusieurs voix – celle de Safdar laissant tour à tour la place à celles de Haider, Ahmad, Elham et bien d’autres – Nous sommes encore en vie tisse au fil de ses pages un témoignage rare et infiniment juste sur la violence des politiques migratoires et la puissance de l’art.

Françoise Vergès : Je suis très intéressée par les romans graphiques, parce que trouve que c’est une belle manière d’écrire, et que j’aime également les images. Ce livre raconte de manière illustrée, les périples de migrant, notamment afghans. Certains viennent en Europe, d’autres essaient de traverser pour arriver en Angleterre ou se retrouve en Australie dans des centres de détentions. La condition des migrants en Europe est absolument effrayante, et c'est quelque chose qui m'enrage.

Recommandé par : Françoise Vergès

Episode : Dans la bibliothèque de Françoise Vergès - Le Book Club

Françoise Vergès apparait dans les épisodes suivants :

Le Book Club diffusé le 16/01/2026

Dans la bibliothèque de Françoise Vergès

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