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Antoine Foucher

14 livres recommandés dans 13 épisodes, de juin 2025 à septembre 2026.

L'OdysséeDernière recommandationL'OdysséeHomère · 6 septembre 2026

2026

7 livres
  • L'Odyssée

    L'Odyssée

    Homère

    Le nouvel esprit public · Édouard Balladur et la Ve République - Les crises climatiques et la carte de l’influence mondiale

    « Le film de Christopher Nolan aura au moins eu un mérite : pousser beaucoup d’entre nous à lire ou relire L’Iliade et L’Odyssée. J’ai découvert à cette occasion la traduction absolument extraordinaire d’Emmanuel Lascoux, qui prend le parti de restituer l’oralité de ces mythes, en traduisant, comme il le dit, « caméra sur l’épaule ». On a vraiment l’impression d’écouter, au coin du feu, un aède nous raconter L’Iliade et L’Odyssée. On disait à propos d’un érudit qu’« il n’y avait pas d’eau fraîche au fond de son puits de science » : Homère peut parfois être enseigné comme un classique un peu paralysant. Le grand mérite de Lascoux est de transformer Homère en eau fraîche : on le lit comme on regarde une série qu’on recommanderait à tous ses amis. »
  • La Révolution française

    La Révolution française

    François Furet

    Le nouvel esprit public · La canicule, sujet politique ? - Le Brexit 10 ans après

    « À l’approche des vacances, je propose une lecture au long cours : le volume Quarto qui rassemble les écrits de François Furet sur la Révolution française. J’y vois deux raisons de se plonger. La première est le plaisir de lecture : Furet est un véritable écrivain, dont la langue est d’une précision, d’une netteté et d’une vigueur remarquables, sans jamais tomber dans l’agressivité. La seconde tient à la profondeur de son analyse. Qu’il s’agisse de ses travaux sur la longue Révolution ou de ses articles publiés dans Le Débat, il offre, à mes yeux, l’un des meilleurs éclairages sur notre époque. Son idée selon laquelle la Révolution française est achevée, au sens où les Français ne croient plus que la politique puisse transformer radicalement la société ou faire advenir un absolu sur terre, aide à comprendre le désarroi contemporain et la période de transition que nous traversons. »
  • L'évolution pédagogique en France

    L'évolution pédagogique en France

    Émile Durkheim

    Le nouvel esprit public · Travail et 1er mai - Élections hongroises

    « La lecture de ces cours d’Émile Durkheim a été pour moi une véritable révélation intellectuelle, parce qu’elle apporte une explication très profonde à un trait que l’on retrouve constamment en France : ce goût pour l’abstraction et les idées générales, qui structure encore aujourd’hui notre système scolaire. Ce qui est frappant, c’est la généalogie qu’il en propose, en remontant notamment à l’enseignement des Jésuites aux XVIe et XVIIe siècles, contraints d’intégrer l’héritage de la Renaissance tout en transmettant le christianisme, ce qui les conduit à privilégier une approche abstraite, fondée sur les textes antiques mobilisés pour penser des catégories générales plutôt que des réalités concrètes. Les pages qu’il consacre à la différence entre Shakespeare et Molière sont particulièrement éclairantes : d’un côté une tradition ancrée dans le particulier, de l’autre une culture des types et des caractères. Et lorsque Durkheim décrit cette formation intensive, presque forcée, qui pousse les élèves à produire très tôt une pensée structurée, on a le sentiment troublant de lire une description de notre système actuel. Cela agit comme un miroir, à la fois explicatif et assez salutaire, en invitant à une certaine modestie sur ce que produit réellement cette formation des élites. Je termine en lisant un passage : « la culture que donnaient les cours était extraordinairement intensive et forcée. On sent comme un immense effort pour porter presque violemment les esprits à une sorte de précocité artificielle et apparente. De là, cette multitude de devoirs écrits, cette obligation pour l'élève de tendre sans cesse les ressorts de son activité, de produire prématurément et d'une manière inconsidérée ». On croirait lire la description des classes préparatoires en France en 2026, alors qu’il s’agit des cours des collèges jésuites au XVIIe siècle. Lumineux. »
  • Après l'Occident ?

    Après l'Occident ?

    Hubert Védrine, Maurice Godelier

    Le nouvel esprit public · La relation franco-allemande - Quelle doctrine militaire pour les Européens ?

    « Ce dialogue entre Maurice Godelier et Hubert Védrine propose une réflexion dense et stimulante sur ce qu’est l’Occident et ce qu’il pourrait devenir. En croisant approche anthropologique et expérience du pouvoir, les auteurs distinguent notamment un Occident culturel ancien d’un Occident géopolitique plus récent, aujourd’hui fragilisé. Ils invitent à une forme de modestie en questionnant l’idée selon laquelle les valeurs occidentales seraient universellement désirées, montrant que le reste du monde envie à l’Occident, c’est un certain confort matériel, et pas du tout un mode de vie. L’ouvrage interroge ainsi l’avenir d’un Occident en recomposition, entre tensions transatlantiques, retrait européen et évolutions américaines, avec un ton à la fois érudit, vivant et souvent très savoureux. »
  • Paris malgré tout ...

    Paris malgré tout ...

    Philippe Meyer

    Le nouvel esprit public · Entre l’Ukraine et l’Iran, la guerre a-t-elle changé de nature ?

    « Autour des élections à Paris, plusieurs lectures et écoutes m’ont paru éclairantes. La thématique du nouvel esprit public de la semaine dernière, avec Alexandre Gady est passionnante, tout comme le petit livre que vient de sortir Philippe Meyer dans la collection L’âme des peuples consacré à Paris, qui reprend en partie leur conversation. Ces deux propositions montrent pourquoi Paris occupe une place si centrale dans notre identité nationale, pourquoi la ville a fasciné et attiré tant de Français au fil des siècles. »
  • Quand le parisianisme écrase la France

    Quand le parisianisme écrase la France

    Francis Brochet

    Le nouvel esprit public · Entre l’Ukraine et l’Iran, la guerre a-t-elle changé de nature ?

    « Pour compléter ce regard, j’ai été très intéressé par l’essai de Francis Brochet, journaliste né à Montbéliard mais amoureux de Paris, qui analyse les effets du poids parisien sur le fonctionnement du pays. Sans hostilité, il montre comment cette centralisation peut aussi infantiliser ou dévitaliser le reste du territoire, avec des exemples très concrets, notamment économiques. Ces trois approches, toutes portées par des amoureux de Paris, permettent de réfléchir à une question essentielle : comment préserver la place unique de Paris dans le monde et dans l’histoire française, tout en permettant au reste du pays d’exprimer pleinement son identité et son potentiel. »
  • Comment pensent les démocraties : Les ressorts cachés des idéologies

    Comment pensent les démocraties : Les ressorts cachés des idéologies

    Marcel Gauchet

    Le nouvel esprit public · Après Munich, peut-on dire que la doctrine internationale de Trump a changé ? - Déclassement économique français : réalités, perceptions, perspectives

    « Pour comprendre l’évolution de l’Occident, en particulier de l’Europe et singulièrement de la France, la matrice explicative proposée par Marcel Gauchet demeure, à mes yeux, décisive. Sa thèse de la sortie de la religion, ou plus largement de la sortie de la tradition — le passage de sociétés structurées par leur passé à des sociétés d’individus où tout est à reconstruire, de la famille au travail en passant par la nation — éclaire puissamment les tendances de fond que nous traversons. Dans cet ouvrage-ci, il ne propose pas de thèses radicalement nouvelles ; il reprend et réarticule son cadre d’analyse. Mais cette piqûre de rappel sur le temps long, sur la nouveauté absolue de notre condition d’individus mobiles se définissant d’abord eux-mêmes plutôt que par leur appartenance collective, est salutaire. C’est, selon moi, l’une des grilles de lecture les plus solides pour comprendre ce qui nous arrive — et pour tenter, ensuite, de reconstruire du collectif à partir des individus. Même lorsqu’on croit connaître Gauchet par cœur, cette remise en perspective fait du bien. »

2025

7 livres
  • Giovanni Falcone

    Giovanni Falcone

    Roberto Saviano

    Le nouvel esprit public · Y a-t-il en France une gauche de gouvernement ? - L’Algérie et la France : entente impossible, rupture improbable

    « Je recommande ce livre de Roberto Saviano parce qu’il parvient à faire revivre, avec une intensité presque physique, la trajectoire de Falcone et de ceux qui l’ont accompagné dans son combat contre la mafia. Saviano raconte non seulement l’homme, mais tout un collectif d’amis, de magistrats, de policiers qui ont vécu quinze années avec la certitude intime qu’elles se termineraient par leur mort. Ils se représentaient leur action comme une course de relais : chacun courait aussi loin qu’il le pouvait, sachant qu’il tomberait tôt ou tard, et la seule question était de savoir à qui l’on passerait le témoin. Cette conscience de la fin, acceptée presque sereinement, conduit certains d’entre eux à renoncer à fonder une famille pour ne pas laisser derrière eux des veuves ou des orphelins. Ce que Saviano décrit là est d’un courage bouleversant, un courage nu, presque insoutenable, parce que vécu au quotidien, dans une tension permanente. Et ce récit résonne d’autant plus aujourd’hui que Saviano lui-même, intervenant récemment à propos des assassinats de Marseille, établit un parallèle saisissant entre ce qui s’y installe et la Sicile des années 1980. Ce miroir tendu entre deux époques et deux territoires rend son livre indispensable à qui veut comprendre comment la violence se structure — et comment certains décident de l’affronter coûte que coûte. »
  • Donnerons-nous notre langue au ChatGPT ? - L'impact de l'intelligence artificielle sur notre avenir

    Donnerons-nous notre langue au ChatGPT ? - L'impact de l'intelligence artificielle sur notre avenir

    Gilles Moyse

    Le nouvel esprit public · Bilan de l’examen du Projet de Loi de Finances

    « Je recommande ce livre de Gilles Moyse, publié aux éditions Le Petit Robert. C’est le premier livre qui m’ait vraiment permis de comprendre, en quelques heures seulement, ce qu’est l’intelligence artificielle. Je ne suis pas ingénieur, et je m’agaçais de lire beaucoup sur le sujet sans jamais saisir comment tout cela fonctionnait. Gilles Moyse remonte à la machine de Turing et explique, avec une clarté remarquable, les fondements techniques de l’IA sans jamais employer de jargon. C’est un ouvrage lumineux : il rend accessibles les mécanismes de l’intelligence artificielle et permet, une fois les bases comprises, d’aborder autrement les grands enjeux qu’elle soulève — productivité, emploi, souveraineté. L’auteur s’appuie sur des études récentes, mais toujours dans un langage limpide. Une lecture idéale pour ceux qui veulent comprendre ce phénomène de l’intérieur, sans être des spécialistes. »
  • Distribuer l'argent du roi au XVIIIe siècle : La monarchie dévoilée

    Distribuer l'argent du roi au XVIIIe siècle : La monarchie dévoilée

    Benoît Carré

    Le nouvel esprit public · Lecornu et la quadrature du cercle

    « Je recommande cette enquête historique sur les années 1780-1791 autour de la question des pensions versées par le roi. J’avoue que je n’avais pas mesuré à quel point ce sujet était central à l’époque : il ne s’agissait pas seulement de finances publiques, mais aussi des pensions accordées à la cour et à tous ceux qui avaient rendu service au roi. Benoît Carré (pas celui qui travaille pour notre émission) a dépouillé de nombreuses archives et restitue avec précision l’ambiance du royaume et les crispations autour de cette question : qui reçoit ces pensions et pourquoi ? On y découvre les techniques de Necker, qui, comme aujourd’hui, choisit de dire la vérité pour choquer l’opinion et provoquer la réforme. On voit Louis XVI tenter de remettre de l’ordre pour sauver les finances. Ce qui est particulièrement fascinant, c’est la fin de ce système : à la veille de la Révolution, la noblesse militaire de province, peu gratifiée en pensions, s’allie avec le tiers état contre la noblesse de cour, oisive et privilégiée. Cette alliance contribue à la dynamique révolutionnaire et aboutit à la mise en place de finances publiques plus modernes et plus transparentes. »
  • Abundance

    Abundance

    Ezra Klein, Derek Thompson

    Le nouvel esprit public · Après le 8 septembre, la valse des pantins ? - La Chine et les divisions occidentales

    « Je voudrais recommander ce livre, présenté aux États-Unis comme le nouvel évangile de la gauche américaine ou des Démocrates, d’Ezra Klein et Derek Thompson. Il n’a pas encore été traduit en français, mais l’avantage des sciences humaines en anglais, c’est que ça se lit beaucoup plus facilement que de la littérature. Et c’est intéressant pour trois raisons. La première, c’est qu’il vient de la gauche ; la deuxième, c’est la vivacité et la lucidité de la critique de la gauche sur la gauche, en donnant des chiffres assez cruels, c’est une critique très violente et documentée. La deuxième raison, c’est que la solution ne consiste pas à distribuer de l’argent. Parce que l’argent ne sert à rien quand il n’y a pas assez de biens. Ça ne sert à rien de donner de l’argent aux gens pour acheter des logements si on ne construit pas assez de logements. Et la troisième raison, c’est que l’auteur s’en sort par un espèce de technomessianisme en disant que si les États-Unis investissent sur la technique, elle nous sauvera. Donc, le monde qu’il trace n’est pas enviable. Mais quand même, la lucidité sur la critique et l’idée qu’il faut produire plus et arrêter de donner plus d’argent et moins de biens, est quand même intéressante. »
  • La vie a-t-elle une valeur ?

    La vie a-t-elle une valeur ?

    Francis WOLFF

    Le nouvel esprit public · C’est Nicolas qui paie : l’amorce d’un conflit intergénérationnel

    « Je voudrais recommander le dernier livre de Francis Wolff. Nos auditeurs réécouteront avec plaisir la thématique enregistrée avec le philosophe il y a un peu plus d’un an, mais son dernier livre est vraiment passionnant, parce qu’on a souvent le sentiment que les vrais problèmes du pays, du monde, sont des problèmes économiques, politiques, sociaux. Et ce qu’il y a de vraiment génial dans ce livre, ce est la façon dont Wolff montre qu’il y a bien plus important qui tout cela. L’auteur mène un combat philosophique pour réhabiliter l’humanisme, est il le fait avec un exemple précis, celui de la transition énergétique, en montrant qui les mot d’ordre « sauver la planète », « sauver la diversité », « sauver la nature », sont totalement inopérants et contradictoires en eux-mêmes. Parce que le vivant, c’est la lutte, et un virus est vivant. Et donc, si on veut sauver les hommes, il faut bien tuer les virus. Sur les droits des animaux : les puces de mon chien sont totalement incompatibles avec les droits de mon chien à ne pas avoir de puces. Et donc, il montre vraiment que notre impuissance à prendre en charge la lutte contre le réchauffement climatique vient du fait que, philosophiquement, le sujet est très mal posé, de façon totalement contradictoire. Et que notre seule manière, en fait, de mener à bien cette lutte, c’est de le faire au nom des humains, et non de « la nature ». Parce que la valeur suprême est la vie humaine. En plus le livre de lit comme un roman policier … »
  • Dans la forge du Monde

    Dans la forge du Monde

    Pierre Haroche

    Le nouvel esprit public · Le conclave sur les retraites - La guerre USA-Iran

    « Je recommande très chaudement ce livre de Pierre Haroche, un chercheur universitaire qui travaille entre Paris et Londres. Il s’agit d’une histoire de la dialectique entre l’Europe et le reste du monde depuis la Renaissance. Ce recul de cinq siècles redonne de l’espoir : il est possible que la dynamique du monde nous pousse hors de la « lamentabilité » dans laquelle nous sommes aujourd’hui. L’auteur montre très bien qu’il y a trois phases. La première, qu’il appelle l’Europe impériale, où il montre — dans la lignée de Kundera — que le maximum de diversité dans le minimum d’espace, c’est l’Europe. Cela pousse les nations européennes à se confronter entre elles, jamais tranquilles derrière leurs frontières, contrairement à l’Empire chinois, par exemple. C’est ce qui les a conduites à optimiser les techniques de guerre, et à acquérir la supériorité technologique qui a ensuite permis de conquérir le monde. Puis on arrive au XXème siècle, avec les deux « suicides collectifs » des deux guerres mondiales, qui placent l’Europe dans une situation subordonnée ; elle est cependant encore un enjeu pour le reste du monde : on ne peut pas être puissant si on n’est pas en Europe. Et enfin aujourd’hui, où la situation de l’Europe laisse le monde indifférent : l’Europe provinciale. Les États-Unis s’occupent davantage de Taïwan que de l’Ukraine. D’après l’auteur cette provincialisation va nous conduire à nous rassembler, parce que c’est notre seule option pour ne pas disparaître et devenir une colonie des autres puissances du monde. »
  • Cas d'écoles

    Cas d'écoles

    Eric Chol

    Le nouvel esprit public · Comment répartir l’effort du désendettement ? - Trump contre la Californie

    « Je voudrais profiter du fait que l’on est aujourd’hui à l’École Alsacienne pour recommander le livre de son directeur, à mon sens, l’un des livres les plus éclairants sur l’histoire de l’Éducation nationale dans notre pays ; plutôt du côté de la pédagogie que des institutions. Je donne deux exemples, parce que le livre n’est pas résumable en 30 secondes. Le premier, c’est : en tant que parent, on a souvent le sentiment d’être un peu mis à l’écart par l’institution scolaire en France, surtout quand on a eu la chance d’être parent dans d’autres pays ou d’avoir été élevé dans d’autres pays. Ça vient de très loin, et de très longtemps, plusieurs siècles. Et il y a une forme de continuité entre l’institution scolaire d’aujourd’hui (qui considère les parents un peu comme des ennuyeux qui prennent trop soin de leurs enfants), l’école de la Troisième République, qui suspectait toujours les parents d’avoir peut-être voté pour l’empereur et d’être antirépublicains, et l’école des jésuites de l’Ancien Régime, qui suspectait toujours les parents d’être tentés par la Réforme. Cette continuité est extraordinairement bien montrée dans le livre. Et puis un deuxième exemple : j’ai toujours eu du mal à comprendre pourquoi, dans toutes les études internationales sur le système scolaire français, il est établi depuis des décennies que les élèves français sont ceux qui ont le moins confiance en eux quand ils sortent du système scolaire. Lisez Cas d’écoles, et vous comprendrez pourquoi. »

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