La Commune : La guerre civile des Français Michel Winock
Le 18 mars 1871 sonne comme une date ineffaçable, glorieuse pour les uns, maudite pour les autres. Ce jour-là Paris s’insurge. Après avoir subi le siège des Prussiens, la ville refuse d’être désarmée par le gouvernement de M. Thiers. S’ensuit l’instauration de la Commune, qui se maintiendra soixante-douze jours avant d’être écrasée par l’armée versaillaise au terme d’une "Semaine sanglante". Michel Winock retrace ici cette journée dramatique. Il met au jour les déchirements de la nation, la genèse de la révolution qui prendra le caractère d’une guerre civile dont il s’efforce de sonder les ressorts.
Qu’est-ce que la Commune ? D’où vient-elle ? Que veut-elle ? Comment expliquer ses origines et sa résonance jusqu’à nous ? Mal-aimée de l’histoire scolaire, célébrée par les prophètes de la société sans classes, elle fut d’abord une tragédie dans laquelle, aux côtés des victimes de la guerre intestine, un autre vaincu de taille se découvre : le camp des pacificateurs, des conciliateurs, des républicains, qui, tels Clemenceau et Victor Hugo, ont échoué dans leur œuvre de paix face à l’intransigeance des hommes d’ordre impitoyables et des insurgés ivres de leur liberté.
Parfois sublime, parfois médiocre, cet événement s’inscrit dans la longue durée comme un de ces moments de cristallisation des peurs et des haines qui n’ont cessé de meurtrir la France depuis les guerres de Religion.
Michel Winock est notamment l’auteur de La Fièvre hexagonale (1986), du Socialisme en France et en Europe (1992) et de Gouverner la France (2022).
Jean-Louis Bourlanges : À l’approche du 155ème anniversaire du début de la Commune de Paris, ce livre m’a paru essentiel pour comprendre comment Paris a basculé dans la guerre civile. Michel Winock, historien et écrivain bien connu de nos auditeurs, raconte cet épisode avec une élégance confondante, mêlant plaisir de lecture et inquiétude face à une histoire sombre. Il replace la Commune dans le contexte des conflits français, en montrant la rupture entre le parlement et le mouvement ouvrier, l’accentuation de la guerre des religions et la cécité sociale de la république opportuniste. Contrairement aux interprétations marxistes ou léninistes qui y voient la préfiguration de la révolution bolchevique, Winock montre que la Commune s’inscrit pleinement dans l’histoire française et constitue plutôt, comme disait François Furet, l’adieu de la révolution à l’histoire.
Ce livre est recommandé par : Jean-Louis Bourlanges
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