Le regard perdu
Baptiste Morizot
- 1
- recommandation
- 1
- épisode
- Émissions
La grande librairie
Pourquoi les humains de la préhistoire ont-ils peint des animaux, dans des grottes, de cette manière-là
et dans ces milieux-là, au coeur du dernier âge glaciaire européen ? C’est l’une des questions qui taraudent la communauté des préhistoriens depuis bien longtemps et qui suscitent les hypothèses les plus variées. Grâce à son expérience du pistage des grands mammifères en milieu sauvage, Baptiste Morizot renouvelle notre regard sur l’origine de cet art pariétal et libère nos lointains ancêtres du rôle écrasant de l’Artiste. En conceptualisant le regard-jizz si familier des naturalistes contemporains, il tente de raviver la manière d’être humain propre aux chasseurs paléolithiques. À une époque où les animaux sauvages étaient souvent rencontrés comme des silhouettes fugaces entraperçues dans les hautes herbes de la steppe, le jizz était cette expérience visuelle synthétique originale : la saisie d’un style d’apparaître propre à chaque animal, un regard aujourd’hui perdu. Un art de voir désormais oublié – qu’il est pourtant possible de réactiver en nous. Que veut dire créer lorsque les formes ne sont pas dans l’esprit du créateur mais dans la relation écologique quotidienne qu’il habite ? Au croisement de l’investigation préhistorique, de l’histoire de l’art et de la philosophie du vivant, Baptiste Morizot enquête sur les arts de l’attention de notre espèce. Il excave pour aujourd’hui des manières possibles de créer qu’on peut réexplorer dans des formes de vie libérées du mythe tardif de la primauté de l’intériorité : un monde où la relation est première.
Recommandé par
Mentionné dans
Cité dans le même épisode
Les autres livres recommandés dans « L'avenir de la connaissance » (La grande librairie).

Éloges du dépassement
Thomas Pesquet, Étienne Klein
Augustin Trapenard
La Vie à portée de main
Christophe Galfard
Augustin Trapenard
Genre et sciences
Françoise Combes
Augustin Trapenard
Dieu, Darwin, tout et n'importe quoi
Vinciane Despret, Pierre Kroll
Augustin Trapenard
Les Oiseaux se cachent-ils pour mourir ?
Emmanuelle Pouydebat, Arnaud Rafaelian
Augustin Trapenard
La prochaine fois, le feu
James Baldwin
Augustin Trapenard
Roulements de tambours pour Rancas
Manuel Scorza
Augustin Trapenard
L'art de la joie
Goliarda Sapienza
Augustin Trapenard
Mais leurs yeux dardaient sur dieu
Neale Hurston Zora
Augustin Trapenard
Les nouveaux livres, une fois par semaine
Un e-mail avec les livres ajoutés sur le site, et qui les a recommandés. Rien d'autre.