Aller au contenu
Menu

Le Pavillon d'or Yukio Mishima

Sans rien changer à sa pose parfaitement protocolaire, la femme, tout à coup, ouvrit le col de son kimono. Mon oreille percevait presque le crissement de la soie frottée par l'envers raide de la ceinture. Deux seins de neige apparurent. Je retins mon souffle. Elle prit dans ses mains l'une des blanches et opulentes mamelles et je crus voir qu'elle se mettait à la pétrir. L'officier, toujours agenouillé devant sa compagne, tendit la tasse d'un noir profond. Sans prétendre, l'avoir, à la lettre, vu, j'eus du moins la sensation nette, comme si cela se fût déroulé sous mes yeux, du lait blanc et tiède giclant dans le thé dont l'écume verdâtre emplissait la tasse sombre -s'y apaisant bientôt en ne laissant plus traîner à la surface que de petites tâches-, de la face tranquille du breuvage troublé par la mousse laiteuse.

Amélie Nothomb : Yukio Mishima est l'une de mes grandes figures littéraires. Je le découvre à treize ans, lorsque je prends conscience de ma laideur. À ce moment là, ce texte m'a terriblement parlé. Mishima était vraiment un personnage très particulier. Je suis assez contente de ne pas l'avoir connue. Je pense qu'il était difficile d'admirer profondément son œuvre tout en le fréquentant. Je pense qu'il avait de gros problèmes de personnalité.

Ce livre est recommandé par : Amélie Nothomb

Ce livre est mentionné dans :

Dans la bibliothèque d'Amélie Nothomb - Le Book Club

S'abonner à la newsletter

Inscrivez-vous pour recevoir les derniers livres ajoutés sur le site une fois par semaine