La Condition ouvrière Simone Weil
Comment sortir de la souffrance et de la servitude au travail ? En se le réappropriant pour lui donner du sens. Voulant ressentir l’oppression comme la ressentent les opprimés, et poursuivre le plus authentiquement son projet de définition d’une société libre, Simone Weil est entrée à l’usine en décembre 1934. Tour à tour découpeuse, emballeuse, fraiseuse, enchaînant les maladies et les accidents du travail, les renvois et les mises à pied, la philosophe rebelle a fait l’expérience de la machine, de la soumission, de l’humiliation, de l’inégalité pendant près d’un an. La brutalité de cet esclavage l’a marquée à vie. En témoignent les quatre textes fameux de ce recueil : La vie et la grève des ouvrières métallos, La condition ouvrière, Expérience de la vie d’usine et Condition première d’un travail non servile. Tous illustrent qu’une émancipation est possible.
Ophélie Coelho : Je pense qu'on devrait en fait tous faire l'expérience d'une autre vie. Simone Weil, pour rappeler, s'était mis du coup pendant un an dans la position ouvrière, elle est allée à l'usine pour connaître la condition ouvrière. Et je pense aujourd'hui qu'on devrait faire ça, c'est-à-dire que quand on est cadre, ça ne ferait pas de mal de faire des stages à l'usine. Et vice-versa, quand on est à l'usine, ce ne serait pas mal de faire l'apprentissage du management pour comprendre de manière tout à fait humaine l'expérience de l'autre et les difficultés dans l'entreprise. Et je pense que ce ne serait pas forcément une mauvaise chose, certes sociologique, mais aussi en termes politiques et même économiques, de faire collectif, ce serait comme ça je pense qu'on pourrait rénover le collectif, ce serait notamment de faire l'expérience de l'autre.
Ce livre est recommandé par : Ophélie Coelho
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