Capitalisme gore Sayak Valencia
Tijuana fait régulièrement la une des médias occidentaux en raison de son nombre très important de féminicides, en lien avec un narcotrafic hyperviolent. Dans cet essai vigoureux, Sayak Valencia, activiste et chercheuse transféministe décoloniale mexicaine, montre comment la source des violences au Mexique et dans d’autres parties du monde précarisées se trouve au cœur même du projet capitaliste néolibéral, et analyse la porosité entre le capitalisme et les mafias. Elle propose, pour s’attaquer au machisme et à l’hyperviolence des hommes subalternes, de former une alliance de tous les « devenirs-minoritaires » en vue de construire, avec les outils du transféminisme, de nouvelles masculinités affranchies du pouvoir hétéropatriarcal, et de permettre à toutes les personnes – hommes, femmes, personnes queer – des communautés subalternes de sortir de l’humiliation postcoloniale pour retrouver ensemble une dignité politique.
Smith : J'ai découvert le travail de Sayak Valencia en 2019, lors d’une conférence à Los Angeles, dans laquelle elle parlait de cet ouvrage. Elle y parlait de nécropolitique et elle décrivait le capitalisme non seulement comme un régime économique, mais aussi comme une technologie de violence qui met cette violence en spectacle. C’est une philosophe, poétesse, performeuse transféministe décoloniale mexicaine et qui écrit depuis la ville de Tijuana, où s'entremêlent les violences liées à la drogue, les féminicides, le racisme, les questions d'économie de frontières avec les Etats-Unis. Malheureusement, cet essai est passé assez inaperçu, alors que sa pensée me semble capitale.
Ce livre est recommandé par : Smith
Ce livre est mentionné dans :
S'abonner à la newsletter
Inscrivez-vous pour recevoir les derniers livres ajoutés sur le site une fois par semaine
