Autoportrait Édouard Levé
"Adolescent, je croyais que La Vie mode d'emploi m'aiderait à vivre, et Suicide mode d'emploi à mourir. J'ai passé trois ans et trois mois à l'étranger. Un de mes amis jouit dans la trahison. J'oublie ce qui me déplaît. J'ai peut-être parlé sans le savoir avec quelqu'un qui a tué quelqu'un. Je vais regarder dans les impasses. Ce qu'il y a au bout de la vie ne me fait pas peur. Je n'écoute pas vraiment ce qu'on me dit. J'ai parlé à Salvado Dalí à l'âge de deux ans. Décrire précisément ma vie me prendrait plus de temps que la vivre. La date de naissance qu'indique ma carte d'identité est fausse. Je ne sais pas sur qui j'ai de l'influence. Je parle à mes objets lorsqu'ils sont tristes. Je ne sais pas pourquoi j'écris. Je suis calme dans les retrouvailles. Je n'ai rien contre le réveillon. Quinze ans est le milieu de ma vie, quelle que soit la date de ma mort. Je crois qu'il y a une vie après la vie, mais pas une mort après la mort. Je ne demande pas si on m'aime. Je ne pourrai dire qu'une fois sans mentir "je meurs". Le plus beau jour de ma vie est peut-être passé."
Rebeka Warrior : Ce texte est composé de 1800 petites phrases, mises bout à bout, et qui n'ont pas forcément à voir les unes avec les autres, mais qui définissent l’auteur et qui forment un autoportrait. C’est ce qui me plait. Je trouve magnifique que les gens essayent de se définir, et j’aime encore plus quand c'est le travail d'une vie, comme Anaïs Nin ou Simone de Beauvoir. C’est peut-être que je suis très curieuse et qu’il y a chez moi un petit côté voyeuriste.
Ce livre est recommandé par : Rebeka Warrior
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